Espagne : manifeste pour la défense de la mort naturelle

Le 27 octobre, au cours d’une conférence de presse tenue à Madrid, des professeurs d’universités - de Pharmacie, Médecine, Droit et Philosophie du Droit - ont présenté leur communiqué en défense de la dignité de la mort naturelle. Ce communiqué fait écho à leur étude scientifique intitulée « L’euthanasie : perspective éthique, juridique et médicale ».

 « Devant les pressions intenses exercées sur l’opinion publique espagnole pour l’entraîner à permettre la légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie, il est nécessaire de défendre la dignité de la mort naturelle comme terme de toute vie humaine », est-il annoncé en préambule. Puis le communiqué rappelle que « la vie de l’être humain est inviolable, en raison de sa dignité intrinsèque, qui ne peut être sujette à des limitations, car elle est universelle, indépendante de la situation de l’âge, de la santé ou de l’autonomie ». Cette dignité, affirment-ils, « implique le droit inaliénable de tous à la vie, et le devoir inéluctable de l’Etat de la protéger et de s’en occuper, même quand la personne elle-même ne semble pas lui donner de valeur ». De même, dans l’accomplissement de ce devoir, les Etats les plus responsables « reconnaissent le droit de toute personne aux soins les plus avancés dans le domaine de la santé, et il s’avère donc contradictoire d’accepter et de promouvoir délibérément la fin de la vie de ceux qui peuvent en arriver à des situations de faiblesse, de dépendance d’autres personnes ou de maladies en phase terminale ».

 « L’euthanasie et le suicide assisté sont éthiquement et moralement réprouvables » 

 « L’euthanasie, poursuit le communiqué, entendue comme un acte délibéré de mettre fin à la vie d’une personne, suite à sa requête ou à la décision d’un tiers, et le suicide assisté, sont éthiquement et moralement réprouvables ». L’alternative à l’euthanasie doit être la promotion des soins palliatifs, qui exploitent « les connaissances spécialisées et les progrès dans les soins médicaux et psychologiques, comme le soutien affectif et spirituel adapté pour la phase terminale » affirme le manifeste. « La science et la pratique médicale disposent d’instruments meilleurs pour agir et pour discerner; réclamer qu’ils soient utilisés au bénéfice de la vie humaine est un droit de tous ». Enfin nous lançons, proclament les signataires, un appel à tous les citoyens, notamment aux pouvoirs publics, afin qu’on reconnaisse la dignité de la mort naturelle. « Une société qui accepte de mettre un terme à la vie de quelques personnes au motif de la précarité de leur santé, à travers l’intervention d’un tiers, s’inflige à elle-même l’offense qui suppose de considérer comme indigne la vie de certaines personnes malades ou gravement diminuées dans leurs capacités », concluent les professeurs espagnols.