Etats-Unis : la Louisiane est fière des fils de saint Yves

La communauté catholique de Shreveport en Louisiane ravive le souvenir de cinq prêtres bretons ayant sacrifié leur vie pour le troupeau qui leur était confié, lors d’une épidémie de fièvre jaune en 1873. 

Un océan sépare la Louisiane du diocèse de Saint-Brieuc-et-Tréguier. En février 2019, une délégation dirigée par le père Peter Mangum, administrateur du diocèse de Sreveport, a été accueillie en Bretagne. Sa mission était de retrouver la trace de cinq prêtres bretons. 

A la fin de l’été 1873, la Louisiane est frappée par la troisième plus grave épidémie de fièvre jaune de son histoire : près d’un quart de la population disparaît. Parmi les 1200 victimes figurent cinq prêtres, ainsi que deux sœurs et une jeune novice de la congrégation des Filles de la Croix. 

Les cinq prêtres, François Le Vezouët, Isidore Quémerais, Louis Gergaud, Narcisse Le Biler et Jean Pierre, avaient été envoyés dans le diocèse de Natchitoches, qui deviendra par la suite celui de Shreveport, créé en 1853. Dans une ville majoritairement protestante, avec une importante communauté juive, ils ont sacrifié leur vie pour secourir les malades.  

« Lorsque l’épidémie a démarré, les pasteurs protestants et les rabbins ont quitté la ville. Les prêtres catholiques, eux, sont restés pour prendre soin des malades, même s’ils savaient qu’ils seraient contaminés à leur tour », raconte le père Mangum au journal La Croix du 20 mars 2019. 

« Nous ne connaissions pas cette histoire étonnante et belle », avoue Mgr Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc. A Shreveport pourtant, devenue la troisième ville de Louisiane avec 200.000 habitants, on se souvient du sacrifice de ces cinq prêtres : « il y a de magnifiques vitraux les représentant dans l’une de nos églises, mais aussi des peintures, des cartes bénites », explique le P. Mangum. 

Ce dernier espère qu’à l’occasion des 150 ans de l’épidémie de fièvre jaune de Shreveport, en 2023, le Vatican reconnaîtra l’héroïcité des vertus des cinq prêtres bretons, dignes successeurs de leur patron, dont un cantique de Tréguier rappelle que « pour les malheureux pauvres et les gens en la peine, aucun n’est meilleur que monsieur saint Yves ».