Etats-Unis : l’épiscopat met en garde contre le plan de relance

Chambre du Sénat des Etats-Unis

Les évêques américains et les associations de défense de la vie ont protesté contre le nouveau plan de relance de l’économie voté par le Congrès, au motif qu’il supprime les garde-fous interdisant jusqu’ici tout financement public de l’avortement dans le pays.

Le plan de sauvetage de l’économie américaine mise à mal par la Covid-19 prévoit le financement d’une vaste campagne de vaccination tous azimuts et le soutien aux secteurs du travail malmenés par l’épidémie.

Somme toute, rien d’anormal, mais il ne faut jamais perdre de vue qu’il en va de la politique comme des passages à niveau : un train peut en cacher un autre.

En effet, le dispositif élude les restrictions de financement public de l’avortement mentionnées par tous les précédents plans de relance votés depuis près d'un demi-siècle : une omission qui en dit long lorsqu’on connaît les positions progressistes de l’administration Biden en matière de limitation des naissances.

Les membres les plus conservateurs du Congrès ont tenté, en vain, d’insérer l’amendement Hyde, une décision datant de 1980, qui interdit l’emploi des fonds publics pour subventionner les avortements « non éligibles » : une notion qui recouvre toutes les situations, hormis les cas d’exception où la grossesse serait le fruit d’une agression violente, ou mettrait en danger la vie de la femme.

Le plan de relance est passé de justesse au Sénat, par un vote de 50 contre 49, le 6 mars 2021, confirmant probablement au passage le rôle de bascule joué par le sénateur démocrate de l’Etat de Virginie occidentale, Joe Manchin, évoqué dans un récent article portant sur le Pacte d’égalité, publié par FSSPX.Actualités.

Renvoyé à la Chambre des représentants où les démocrates possèdent une confortable majorité, le vote du plan de relance n’était plus qu’une formalité : adopté le 10 mars dernier, il a été signé solennellement deux jours plus tard par le président.

Les groupes pro-vie n’ont pas tardé à réagir, pointant la responsabilité des sénateurs : « honte aux démocrates du Sénat qui ont exploité l’argument de la Covid-19 pour permettre un avortement de confort financé par les contribuables, rompant avec plus de quatre décennies de compromis bipartite », a déclaré Marjorie Dannenfelser, présidente de l’organisation Susan B. Anthony List.

La hiérarchie catholique est rentrée dans le débat dès le 5 mars dernier, soit quelques jours avant le vote du Congrès : « depuis 45 ans, le Congrès américain – qu’il soit contrôlé par les démocrates ou les républicains – maintient que les contribuables ne devraient pas être contraints contre leur conscience de payer pour des avortements », déclare alors la Conférence des évêques des Etats-Unis (USCCB).

Les prélats nord-américains en appellent même au chef de la Maison Blanche, le priant de « ne pas imposer aux Américains le dilemme déchirant de savoir s’il faut ou non préserver la vie et la santé de la personne née ou à naître, qui est à l’image de notre prochain, vulnérable et dans le besoin ».

La présidente de la Marche pour la vie, Jeanne Mancini, prévient : « les démocrates pro-avortement utilisent le projet de relance pour faire voter des milliards de dollars de subventions en faveur de l’avortement, non seulement aux Etats-Unis, mais aussi à l’étranger », selon elle.

Une étude américaine publiée en 2018 estime à 619 591 le nombre d’avortements aux Etats-Unis, un chiffre qui a baissé de 22% en dix ans, mais qui pourrait repartir à la hausse dans les mois à venir.