Etats-Unis : un prêtre innocent victime de la déferlante médiatique contre l’Eglise

P. Basil Hutsko (à droite).

Le 20 août 2018, le père Basil Hutsko, prêtre catholique de rit grec, a été agressé dans la sacristie de son église par un inconnu lui ayant déclaré vouloir venger - dans un geste qualifié jusqu’ici d’aveugle par la police - les abus sur mineurs largement relayés par la presse outre-Atlantique. 

Alors qu’il venait de pénétrer dans sa sacristie vers 9h du matin, le père Basil Hutsko, 64 ans, a été violemment jeté à terre et frappé de nombreuses fois à la tête par un inconnu portant des gants. Avant de perdre connaissance, le religieux se rappelle que l’agresseur lui a déclaré : « c’est pour ce qui arrive à tous les petits enfants ». 

Le chef de la police de Merrillville (Indiana) où se sont produits les faits, a affirmé avoir recueilli suffisamment d’éléments pour conclure à un « crime de haine » et saisir ainsi le FBI. Le coupable n’a pas été jusqu’ici identifié. 

Cette agression fait suite à deux publications récentes :  

- celle du rapport du grand jury de Pennsylvanie à la mi-août qui décrit les soupçons d'abus sur mineurs pesant sur plus de 300 prêtres, sur plusieurs décennies ; 

- la lettre du Saint-Père en date du 20 août - soit quelques heures avant les coups portés - qui « reconnaît et condamne avec douleur et honte les atrocités commises par des personnes consacrées, par des membres du clergé, mais aussi par tous ceux qui ont la mission de veiller sur les plus vulnérables et de les protéger ». 

Pourtant, le père Hutsko ne figure pas parmi les prêtres identifiés dans le rapport du grand jury de Pennsylvanie, et lui-même n'a jamais été soupçonné d'aucun acte répréhensible. 

Un confrère du prêtre agressé, le père Steven Koplinka, a déploré dans les colonnes du Chicago Tribune ce qu’il qualifie d’attentat « honteux » : « c’est un peu comme quand on se trompe de cible ; nous essayons de faire de notre mieux pour être de bons prêtres, mais nous ne sommes pas à l’abri de ce type d’agression à notre encontre ». 

Le père Hutsko, à l’heure qu’il est, a survécu à ses blessures. D’autres dans le futur n’auront peut-être pas la même chance.