Euthanasie/Belgique : les Frères de la Charité défient à nouveau le Vatican

Source: FSSPX Actualités

Le pape François avait donné à la branche belge de l’Institut des Frères de la Charité de Gand jusqu’à la fin du mois d’août pour renoncer à pratiquer le "suicide assisté" dans les établissements qu’ils dirigent en Belgique. Cette pratique avait été mise en place au printemps 2017 par les instances dirigeantes de la branche belge de la congrégation.

La réponse s’est fait attendre jusqu’au mardi 12 septembre. Dans un communiqué, les Frères de la Charité de Gand ont affirmé leur volonté de « s’en tenir à leur propre vision des choses relativement à l’euthanasie des patients souffrant d’une pathologie mentale dans un état non terminal » : une fin de non-recevoir qui a des allures de défi.

Quelques lignes plus loin le communiqué précise que la congrégation « insiste avec énergie sur un point : le fait de se sentir en phase avec la doctrine professée par l’Eglise catholique ». Mais la direction de la branche belge des Frères de la Charité ajoute avoir pour souci « de prendre toujours en compte les changements et les évolutions intervenant au sein de la société ».

L'Eglise catholique a toujours condamné le suicide - et parfois le meurtre - médicalisé qui se cache derrière les termes aseptisés d’« euthanasie » ou de « suicide assisté ».

La réponse du Saint-Siège est désormais attendue. Le professeur Kurt Martens, spécialiste en droit canonique contacté par Catholic News Agency, pense que « les frères qui dirigent la province belge seront probablement exclus de leur congrégation, tandis que les établissements qu’ils dirigent en Belgique ne pourront plus à l’avenir se déclarer ‘catholiques’ ».

La Belgique est un pays où la société est sécularisée à un degré très élevé ; l’euthanasie, qui y est une pratique légale et encadrée, est largement pratiquée - comme l’affirme l’Institut Européen de Bioéthique (IEB) -, et cela même sur de jeunes enfants atteints de pathologies graves. L’IEB déplore qu’en quinze ans de mise en œuvre de la loi « aucune des études effectuées sur le sujet n’ait été financée par les pouvoirs publics ».

On l’aura compris, lutter contre l’euthanasie et ses dérives ressemble fort au combat de David contre Goliath.