France : la famille dans le viseur

L'Assemblée nationale.

La loi de financement de la sécurité sociale, votée le 28 novembre 2017 entraîne une hausse du complément du mode de garde (CMG) pour les parents isolés, et la baisse du montant et des plafonds de ressources de la prestation d'accueil du jeune enfant (Paje), destinée aux ménages avec enfants de moins de trois ans. Le modèle classique de la famille – un père, une mère, des enfants – y perdra le plus.

Jusqu’ici, sous condition de ressources, 20% des familles ne touchent pas l'allocation de base de la Paje. Avec la réforme, près de 10% supplémentaires en seront privés.

Ainsi, près d'un tiers des familles ayant un enfant de moins de 3 ans seront exclues de ce dispositif, sans parler de la diminution des montants d’allocations pour ceux qui continueront à être éligibles à cette aide.

Par ailleurs, le gouvernement annonce une hausse du complément du mode de garde pour les parents « isolés » – ne vivant pas ou plus en couple – leur permettant d'être mieux remboursés d'une partie des frais de garde de leurs enfants de moins de 6 ans.

Comme l’écrit Jean-Pierre Denis dans les colonnes de La Vie, « la conversion progressive de la politique familiale en politique sociale n’a rien d’anodin ». En effet, la branche famille de la Sécurité sociale perd de vue son but qui est de soutenir les familles et d'aider ceux qui ont davantage d'enfants. Pourtant cet objectif, comme le remarque l’éditorialiste, « n’est pas seulement financier ; il est symbolique au sens fort du terme, indiquant ce que la société attend : des enfants ».

L'avenir du pays en dépend.