France : Le pèlerinage de la Pentecôte 2010
Au départ de Chartres, le samedi 22 mai, 4.500 pèlerins venus de l’Europe entière étaient inscrits. On comptait plus d’une centaine de prêtres, des séminaristes d’Ecône, avec le renfort cette année de 9 diacres américains du Séminaire de Winona, qu’accompagnaient leur directeur, l’abbé Yves le Roux (voir son entretien vidéo), et le supérieur du district des Etats-Unis, l’abbé Arnaud Rostand (voir son entretien vidéo).
Tous se sont retrouvés dans les jardins de l’évêché derrière la cathédrale. L’abbé Claude Boivin, prieur de Mantes-la-jolie, leur a rappelé le beau combat de la foi, selon saint Paul. Montrant que l’état présent de l’Eglise contredisait l’esprit de la Pentecôte, puisqu’en France le nombre des confirmations avait été divisé par trois en 15 ans, il a dénoncé les reculades et les dérobades de ceux qui favorisent l’étiolement de la foi catholique. L’orateur a déploré que l’année sacerdotale placée sous le patronage du saint Curé d’Ars n’ait pas trouvé autant d’écho dans les médias que les scandales d’une minorité de prêtres infidèles à leur vocation.
Il a conclu en exhortant à mener de front le combat de la foi et le combat contre nous-mêmes, notre orgueil, nos ambitions, notre sensualité… Galvanisée par ces fortes paroles, la longue colonne des pèlerins s’est élancée sur la route qui traverse la Beauce. Le lendemain, la messe pontificale de la Pentecôte était célébrée, comme l’an passé, en fin de journée à Villepreux, non loin de Versailles. Sous les arbres du domaine de Grand-Maison, dans une chaleur qu’une petite brise rendait supportable, les 1500 pèlerins du chapitre enfants étaient au premier rang pour entendre Mgr Bernard Tissier de Mallerais dont le sens pastoral su tenir compte de la fatigue de ses auditeurs, après deux jours entiers de marche. Il fit revivre la prédication éloquente de saint François de Sales, en Savoie, et celle de saint Pierre Canisius en Suisse, plus particulièrement à Fribourg où se trouve le sanctuaire de Notre-Dame de Bourguillon, gardienne de la Foi, protectrice de ce pèlerinage de Pentecôte 2010. Puis de façon très concrète, le prélat a indiqué trois moyens, trois armes pour mener efficacement le combat de la foi :
1. la dévotion mariale à travers le rosaire et la consécration montfortaine ;
2. les exercices spirituels de saint Ignace pour apprendre à se vaincre soi-même et à ordonner sa vie sans attaches désordonnées ;
3. les œuvres apostoliques comme la Légion de Marie, la conférence de saint Vincent de Paul, le M.J.C.F… qui permettent d’être d’authentiques apôtres, car il faut « prêcher la foi pour garder la foi ». A la fin, Monseigneur traduisit à l’intention des pèlerins anglophones et germanophones le mode d’emploi de ces armes du combat de la foi. Le lundi, arrivé aux portes de Paris le pèlerinage se transforme en procession, bannières et drapeaux claquent au vent.
Après une pause-déjeuner dans le bois de Boulogne, les derniers kilomètres se font sur l’asphalte de la grande ville, longeant les jardins du Trocadéro, puis l’esplanade de la tour Eiffel, pour se retrouver au pied des Invalides dans la perspective de la pelouse bordée d’arbres de l’avenue de Breteuil. Là, sous le velum blanc où se dresse l’autel, l’abbé Niklaus Pfluger, 1er assistant général de la Fraternité Sacerdotale St-Pie X, transmet aux 7 à 8000 fidèles présents les vœux du supérieur général, Mgr Bernard Fellay. Il leur dit que les apôtres furent transformés par le Saint-Esprit reçu à la Pentecôte au point qu’après un seul sermon 3000 juifs se convertirent ; et de noter, non sans esprit, qu’aujourd’hui il faut plutôt 3000 sermons pour obtenir peut-être une conversion ! Il invite alors son auditoire à ne pas se laisser contaminer par l’esprit du monde, tout en s’efforçant de vivre de la foi surnaturelle dans le monde présent où la Providence nous a placés, sans rêver à des temps passés hypothétiquement meilleurs.
Le prédicateur dissipe, avec force, l’illusion qu’on puisse vaincre le monde avec les moyens du monde, pour conclure par un vibrant « on les aura »… dans la mesure où l’on ne se laissera pas intimider par le monde, mais où l’on entretiendra la conviction que la Foi doit poser des actes, comme l’arbre doit porter des fruits. Avant d’offrir le Saint Sacrifice, l’abbé Pfluger renouvela la consécration du district de France au Sacré Cœur de Jésus : « Maître de nos esprits par la Foi jalousement gardée et transmise à nos enfants ».
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(Sources privées – DICI n°216 du 05/06/10)