France : Les diocèses face au déficit financier

Document sans nom

La Croix du 7 janvier consacre un dossier à la situation financière très préoccupante des diocèses de France. Partout, on tente des slogans publicitaires pour rendre attentifs les fidèles aux moyens de faire face aux nécessités financières. A Amiens : "Pour l’Eglise non plus, l’argent ne tombe pas du ciel". A Lyon : "Les seules actions qui ne plongent jamais, ce sont les bonnes actions… Donner au denier, c’est agir pour faire vivre l’Eglise catholique aujourd’hui". Dans une vidéo diffusée sur Internet en décembre, l’évêque d’Evry-Corbeil-Essonnes, Mgr Michel Dubost, résumait l’impasse dans laquelle se trouve son diocèse : « Le denier de l’Eglise rapporte bon an mal an 3,5 millions d’euros quand les dépenses (en majorité des salaires) s’élèvent à 4,5 millions d’euros. Nous sommes gravement en déficit, à tel point que je me demande comment nous allons payer… »

« Le problème vient surtout de la baisse du nombre des donateurs », constate Joëlle Delanoux, économe diocésaine d’Evry, « ceux qui restent sont plus généreux, mais nous n’arrivons pas à remplacer ceux qui décèdent ou qui déménagent pour leur retraite, notamment par des plus jeunes ». A Amiens, l’économe Jean-Yves Bourgois en convient : « Après trois années de progression, les recettes du denier de l’Eglise ont stagné en 2007 et ont dû décroître de 2 à 3 % en 2008 ». Le diocèse de Troyes avance les mêmes chiffres. A Limoges, la baisse atteindrait 4 %. A Lyon, des relances en fin d’année devraient permettre de conclure l’année avec des recettes stables, mais le diocèse craint une année 2009 plus difficile.

Jusqu’à présent de nombreux diocèses bouclaient leurs fins de mois grâce à des legs, en puisant dans leurs réserves ou en vendant des biens immobiliers. « Le drame, c’est que, quand on vend une maison diocésaine pour manger, au bout de cinq ans on n’a plus de maison et plus à manger », résume Jean-Yves Bourgois.

Comment faire face dès lors ? Réduire davantage encore ? Certains, avance La Croix, souhaiteraient se défaire de biens immobiliers devenus inutiles : presbytères, écoles privées inoccupées comme dans le diocèse de Limoges. « On voudrait bien s’en débarrasser, mais dans le contexte actuel, c’est dur de vendre », reconnaît l’économe, le P. Jean-Louis Montville. La chasse au gaspillage restera bien sûr de mise partout. Elle ne sera pas forcément suffisante : « Si je supprime le papier à en-tête, cela ne changera pas grand-chose », déclare Mgr Dubost.

Restent deux pistes : convaincre les fidèles de la nécessité vitale de donner ; ensuite, peut-être, réduire la masse salariale. Dans son message sur Internet, Mgr Dubost envisage même la possibilité de licenciements, « s’il n’a pas d’autres solutions ». Le diocèse de Troyes, lui, n’en est « pas encore là », mais il « examine les renouvellements de postes, qui ne sont pas systématiques ». Parfois, un temps plein est remplacé par un temps partiel, et le diaconat (permanent, ndlr) est encouragé au détriment du laïcat (salarié, ndlr).

« Et puis, concluent les deux journalistes de La Croix, Marilyne Chaumont et Anne-Bénédicte Hoffner, se profile à l’horizon le poids croissant, dans la démographie diocésaine, des prêtres très âgés et dépendants ». (sources : La Croix/Apic)