France : menace sur l’objection de conscience du corps médical

A la suite des récents propos du docteur Bertrand de Rochambeau, président du Syndicat national des gynécologues obstétriciens (Syngof) définissant l’avortement comme un homicide, une pétition a été lancée pour obtenir le retrait de la clause de conscience permettant de refuser de pratiquer un avortement.  

Moins de deux semaines après son lancement, la pétition menaçant l’objection de conscience du corps médical atteignait, le 23 septembre 2018, 47.000 signatures. 

Actuellement, en France, la clause de conscience recouvre trois types d’acte : la stérilisation à visée contraceptive, la recherche sur les embryons et l’avortement - dénommé IVG, pour “interruption volontaire de grossesse”, l’abréviation étant censée cacher la réalité d’un acte qui n’a rien de médical, la médecine ayant pour rôle de soigner et non de tuer. 

Les promoteurs de la pétition prétendent qu’en raison de cette clause, « des femmes sont éloignées de la possibilité d’avoir recours à l’IVG », qui deviendrait de ce fait « un droit à part » et non plus un « droit réel », ainsi que l’explique dans les colonnes de La Croix, Madeline Da Silva, l’adjointe au maire des Lilas, une ville du département de Seine-Saint-Denis. 

Cette énième attaque contre l’objection de conscience « risque de créer un précédent dangereux, surtout dans le contexte de la révision des lois de bioéthique, avec à terme le risque d’obliger les médecins à pratiquer la PMA (autre abréviation, désignant la procréation médicalement assistée) ou le suicide assisté », alerte Bertrand Galichon, président du Centre catholique des médecins français (CCMF). Dans une société sans foi, le nombre fait loi.