France : Ouverture du nouveau Musée Unterlinden de Colmar

Le Musée Unterlinden s’est agrandi au terme d’un chantier de quatre ans. 

Après de profondes transformations de son bâti et de ses salles d’exposition, le creusement de tranchées, l’élévation de murs, l’évidement d’espaces, la création d’escaliers, le musée a modifié sa structure et son parcours de visite, en créant de nouveaux espaces d’exposition qui permettent le redéploiement de ses collections. Il sera officiellement inauguré le 23 janvier 2016, mais le public peut y accéder depuis le 12 décembre 2015. Le nouveau cadre propose un parcours de visite couvrant près de 7000 ans d’histoire, de la Préhistoire à l’art du 20e siècle.

Ce cheminement dans le temps permet de découvrir les multiples facettes de l’architecture du musée rénovée par les architectes Herzog et de Meuron. Dans le cloître médiéval est présenté l’art du Moyen-Age et de la Renaissance avec des œuvres de Martin Schongauer, Hans 
Holbein, Lucas Cranach … et le Retable d’Issenheim – véritable chef-d’œuvre de panneaux de tilleul sculptés par Nicolas de Haguenau et peints par Matthias Grünewald entre 1512 et 1516 – qui a retrouvé sa place, dans la chapelle de l'ancien couvent. La puissance de ce polyptique monumental s'explique par la qualité picturale de l'œuvre, la richesse des couleurs et l'expression des scènes et des personnages.

Les sept panneaux de bois de tilleul et les dix sculptures qui le composent, illustrent plusieurs épisodes de la vie du Christ et de saint Antoine, ermite, patron de la commanderie d'Issenheim, située à une vingtaine de kilomètres de Colmar. Le retable fermé offre une vision de la crucifixion emplie de douleur, encadrée de panneaux des deux saints invoqués contre les épidémies : saint Antoine et saint Sébastien. Sous la scène centrale, la prédelle représente la Mise au tombeau. La première ouverture du retable présente les panneaux lumineux de l’Annonciation, du concert des anges, de la Nativité et de la Résurrection. L’ouverture complète du retable offre aux regards la sculpture magistrale du saint patron de la commanderie, trônant entre saint Augustin et saint Jérôme. Elle est entourée des panneaux peints de l’agression de saint Antoine par les démons et de la visite de saint Antoine à saint Paul. Dans la prédelle, le Christ au milieu des apôtres est représenté en sauveur du monde.

Enfin, les anciens bains inaugurés en 1906 offrent un espace propice aux manifestations temporaires du musée, et l’aile contemporaine constitue le nouvel écrin des artistes du 20e siècle.