France : tollé politico-médiatique contre un film pro-vie

La chaîne française C8 a diffusé le lundi 16 oût 2021 le film Unplanned, une fiction américaine basée sur une histoire vraie, qui relate la transformation d’une ancienne cadre du Planning Familial (PF), devenue militante anti-avortement.

Produit par un studio chrétien évangélique, le film avait rencontré un succès inattendu à sa sortie aux Etats-Unis, au printemps 2019.

L’histoire d’Unplanned – pour “grossesse non planifiée” – est celle d’Abby Johnson, porte-parole puis directeur de la branche texane du PF à Bryan, qui assiste un jour à l’avortement d’une jeune femme, enceinte de treize semaines.

Contrairement aux interventions auxquelles elle avait participé par le passé, celle-ci l’a bouleversée. Elle décide alors de démissionner de son poste afin de s’engager dans la lutte contre l’avortement.

Une hystérie socio-politique

Cette diffusion a déclenché une véritable hystérie chez les politiciennes féministes et les responsables du PF.

« C’est un choix politique que de programmer ce film contraire au droit à l’avortement, dans un contexte où les femmes ont très peu d’informations sur les questions d’avortement et où les anti-choix sont très présents sur les réseaux sociaux », s’insurge auprès de l’Agence France-Presse Sarah Durocher, co-présidente du réseau associatif PF.

Les ministres Élisabeth Moreno et Marlène Schiappa ont également pris la parole pour dénoncer cette initiative de la chaîne du groupe Bolloré.

Mme Moreno, ministre de l’égalité entre les femmes et les hommes, a déclaré qu’il s’agissait d’un « outil abject de propagande anti-avortement », et a insisté sur le fait que l’avortement était « un droit fondamental » et « inaliénable pour toutes les femmes ».

« Non à la nuisance, non à la culpabilité », a tweeté quant à elle Mme Schiappa, ministre de la Citoyenneté, profitant de son tweet pour partager des chiffres visant à informer sur l’avortement.

Enfin, Nathalie Elimas, secrétaire d’État à l’éducation, a déploré le film et appelé à « une lutte sans fin », citation tirée du livre Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir.

Plainte auprès du CSA

Une pétition lancée par la fondatrice du site Grossesse imprévue contre la diffusion du film sur C8 avait recueilli plus de 18 000 signatures, lundi matin, adressée au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

Le régulateur a rappelé que « les chaînes déterminent librement le choix de leurs programmes » et qu’à ce titre « il n’intervient pas dans la programmation. Après diffusion, il est possible d’alerter le CSA au sujet d’un éventuel manquement à la loi ou à une obligation », ajoute-t-il.

Mardi, le CSA a déclaré au HuffPost mardi qu’il avait reçu des plaintes après la diffusion du film sur C8 lundi soir : « Nos équipes examineront le film diffusé à l’antenne et l’examineront au regard des règles juridiques applicables, afin de déterminer s’il y a eu une infraction à ces règles. En fonction de cela, le conseil décidera d’intervenir ou non auprès du diffuseur. »

Le film, diffusé en prime time, n’est pas la première polémique sur ce sujet diffusé sur la chaîne de Vincent Bolloré, un catholique pratiquant qui n’a jamais caché ses convictions pro-vie.

Ces réactions montrent la fragilité de la position des avorteurs qui ne peuvent supporter la contradiction, et leur volonté d’imposer comme un droit le pouvoir de tuer un être sans défense.