Gibraltar élargit sa loi sur l’avortement

Source: FSSPX Actualités

Les habitants de Gibraltar viennent de voter en faveur d’un élargissement de la législation sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG). La colonie britannique a ainsi décidé de calquer sa loi sur celle de Londres qui fait pression depuis plusieurs années sur ses différents territoires afin de garantir un accès étendu à l’avortement.

« Le peuple de Gibraltar se voit proposer un choix : choisir entre la vie ou la mort. (…) Voter ‘non’, c’est défendre avec force le droit à la vie tel qu’il est actuellement inscrit dans la Constitution de Gibraltar. (…) Puisse la Vierge Marie nous éclairer tous dans notre devoir de protéger le droit à la vie de l’enfant à naître. »

La lettre pastorale écrite le 19 juin 2021 par Mgr Carmel Zammit, évêque de Gibraltar, n’aura rien fait, pas plus que la Marche pour la vie qui s’est déroulée le 15 juin dernier, ni les heures saintes organisées dans les différentes paroisses du diocèse.

Lors du référendum organisé le 24 juin dernier, quelque 62% des suffrages exprimés l’ont été en faveur d’une loi élargissant les conditions de l’avortement, dans le cas où la santé mentale ou physique de la femme est en danger, notamment en cas de viol ou d’inceste, ou lorsque le fœtus présente des déficiences physiques mortelles.

Sur le Rocher, qui compte 32 000 habitants – dont 25 000 catholiques – l’IVG était jusqu’à présent interdite, sauf dans les cas où la vie de la femme était en danger.

Les femmes qui souhaitaient avorter devaient alors se rendre au Royaume-Uni, ou en Espagne : avec le résultat du référendum du 24 juin 2021 – longtemps reporté en raison de l’épidémie de SARS-CoV-2 – une femme pourra désormais se débarrasser de son enfant jusqu’à la douzième semaine de grossesse.

Pour bien comprendre la situation, il faut rappeler que le statut insolite de Gibraltar remonte à la guerre de succession d’Espagne (1701-1714). Jusqu’alors territoire espagnol, le Rocher est conquis par la Grande-Bretagne en 1704.

Une souveraineté britannique est ensuite officiellement reconnue par le traité d’Utrecht de 1713, mais contestée au cours des décennies suivantes par l’Espagne.

Dans les années 1960, Franco essaie de récupérer le Rocher, mais les Gibraltariens refusent par référendum l’annexion espagnole. En 1969, ils adoptent une Constitution et passent du statut de colonie à celui de territoire d’outre-mer britannique.

En fait, c’est Londres qui – comme dans le cas de l’Irlande du Nord – a fait pression pour modifier la législation en vigueur concernant l’avortement : en juin 2018, la Cour suprême britannique avait estimé qu’une loi interdisant l’IVG dans presque tous les cas, était contraire à la Convention européenne des droits de l’Homme.

Il semble que l’enfant à naître soit exclu de la considération de cette Convention, puisque sa vie ne vaut rien jusqu’à la douzième semaine. Il serait même possible de douter qu’il soit humain…