« Ignorer les Écritures, c’est ignorer le Christ », rappelle Benoît XVI à Notre-Dame de Paris
Lors des vêpres à la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 12 septembre, le pape a parlé à tous les prêtres et séminaristes présents de l’efficacité de la Parole divine, avant de leur rappeler l’observance de la lectio divina : « Si le Seigneur ne bâtit la maison, les bâtisseurs travaillent en vain (Ps 126, 1). Qui est ce Seigneur, sinon Notre-Seigneur Jésus-Christ. C’est Lui qui a fondé son Église, qui l’a bâtie sur le roc, sur la foi de l’apôtre Pierre. Comme le dit encore saint Augustin : C’est Jésus-Christ, Lui-même, Notre Seigneur qui construit son temple. Beaucoup se fatiguent à bâtir, mais si le Seigneur n’en construit un, c’est en vain que travaillent ceux qui construisent (Traité sur le Psaume 126, 2). Or, chers amis, Augustin se pose la question de savoir quels sont ces travailleurs ; et il répond lui-même : Ceux qui prêchent dans l’Église la parole de Dieu, qui administrent les sacrements. Nous courons tous maintenant, nous travaillons tous, nous édifions tous, mais c’est Dieu seul qui, en nous, édifie, qui avertit, qui ouvre l’intelligence, qui applique notre esprit aux vérités de la foi (ibid.). Quelle merveille revêt notre action au service de la Parole divine ! Nous sommes les instruments de l’Esprit ; Dieu a l’humilité de passer par nous pour répandre sa Parole.
(…) « Chers frères prêtres, n’ayez pas peur de consacrer beaucoup de temps à la lecture, à la méditation de l’Écriture et à la prière de l’Office Divin ! Presque à votre insu la Parole lue et méditée en Église agit sur vous et vous transforme. Comme manifestation de la Sagesse de Dieu, si elle devient la ‘compagne’ de votre vie, elle sera votre conseillère pour le bien, votre réconfort dans les soucis et dans la tristesse (Sg 8, 9). La Parole de Dieu est vivante, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants, comme l’écrit l’auteur de la Lettre aux Hébreux (He 4, 12). À vous, chers séminaristes, qui vous préparez à recevoir le sacrement de l’Ordre, afin de participer à la triple charge d’enseigner, de gouverner et de sanctifier, cette Parole est remise comme un bien précieux. Grâce à elle que vous méditez quotidiennement, vous entrez dans la vie même du Christ que vous serez appelés à répandre autour de vous. Par sa parole, le Seigneur Jésus a institué le Saint-Sacrement de son Corps et de son Sang ; par sa parole, il a guéri les malades, chassé les démons, pardonné les péchés ; par sa parole, il a révélé aux hommes les mystères cachés du Royaume. Vous êtes destinés à devenir dépositaires de cette Parole efficace, qui fait ce qu’elle dit. Entretenez toujours en vous le goût de la Parole de Dieu ! Apprenez, grâce à elle, à aimer tous ceux qui seront placés sur votre route. Personne n’est de trop dans l’Église, personne ! Tout le monde peut et doit y trouver sa place.
(…) « Votre seule richesse – la seule, à dire vrai, qui franchira les siècles et le rideau de la mort –, c’est bien la Parole du Seigneur. C’est Lui qui a dit : Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront jamais (Mt 24, 35). Votre obéissance est, étymologiquement, une écoute, puisque le mot obéir vient du latin obaudire, qui signifie tendre l’oreille vers quelque chose ou quelqu’un. En obéissant, vous tournez votre âme vers Celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie (cf. Jn 14, 6) et qui vous dit, comme Benoît l’enseignait à ses moines : Écoute, mon fils, les instructions du maître et prête l’oreille de ton cœur (Prologue de la Règle de saint Benoît). Enfin, vous vous laissez purifier chaque jour par Celui qui nous a dit : Tout sarment qui donne du fruit, mon Père le nettoie, pour qu’il en donne davantage (Jn 15, 2). La pureté de la Parole divine est le modèle de votre propre chasteté ; elle en garantit la fécondité spirituelle. »