Il faut baptiser les tout-petits, déclare le pape François

L’audience générale du mercredi 11 avril 2018 était consacrée au sacrement du baptême. Le pape François s'est élevé notamment contre un abus largement répandu qui veut que les parents repoussent à plus tard le baptême des tout-petits, au prétexte que ceux-ci « ne comprennent pas ».

Le pape a profité du début du temps pascal pour aborder la vie baptismale scellée dans la mort et la résurrection du Christ. Il a rappelé que le baptême est le fondement de toute la vie chrétienne, qu’il est le premier des sacrements, la “porte” qui permet de nous plonger dans le mystère du Christ Seigneur.

Le verbe grec “baptiser” signifie en effet “plonger”. Si c’est le corps qui est plongé dans l’eau, « c’est l’âme qui est plongée dans le Christ pour recevoir le pardon du péché et resplendir de lumière divine » (Tertullien).

Renaître à l'homme nouveau et noyer le vieil homme

Le pape explique que le baptême fait naître l’homme nouveau, recréé en Jésus-Christ, en noyant l’homme ancien, « dominé par le péché qui sépare de Dieu ». C’est la seule allusion - bien timide - au péché originel et à ses conséquences mortifères pour la condition humaine. Néanmoins, le souverain pontife insiste pour dire que le baptême est une renaissance à laquelle « tous les fils d’Adam sont appelés » pour mener une vie nouvelle. Tout chrétien digne de ce nom devrait connaître la date de son baptême pour rendre grâce à Dieu du jour où le Seigneur et l’Esprit saint sont entrés en lui pour y développer la vie même de la Trinité.

Ce sacrement a été confié aux apôtres (Mt 28, 19) et est une condition pour naître à la vie divine. Le pape cite le célèbre passage où le Christ déclare à Nicodème : « En vérité, en vérité, je te le dis, nul s’il ne renaît de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Car ce qui est né de la chair est chair et ce qui est né de l’Esprit est esprit » (Jn 3, 5-6). Cette vie selon l'Esprit, que mentionne également saint Paul, commence par l'ensevelissement dans la mort de Jésus-Christ (Rm 6, 3-4). Elle est celle des membres du Corps du Christ qu’est l’Eglise, où chacun doit être rattaché au cep s’il veut porter du fruit (Jn 15, 5).

« N’oubliez pas de baptiser les enfants ! »

Reçu une seule fois, le baptême illumine la vie des chrétiens puisqu’il permet « au Christ de vivre en nous et à nous de vivre unis à Lui ». Si ce sacrement suppose une démarche de foi et donc le catéchuménat pour les adultes, le pape précise que, depuis l’antiquité, les enfants « sont baptisés dans la foi de leurs parents » qui peuvent par conséquent le demander pour eux.

C'est ici que le souverain pontife expose l'objection courante : « Certains pensent : mais pourquoi baptiser un enfant qui ne comprend pas ? Attendons qu’il grandisse, qu’il comprenne et que ce soit lui-même qui demande le baptême. » Balayant cet argument, il répond : « Cela signifie ne pas avoir confiance dans l’Esprit saint, parce que quand nous baptisons un enfant, l’Esprit saint entre dans cet enfant, et l’Esprit saint fait croître chez cet enfant, depuis l’enfance, des vertus chrétiennes qui ensuite s’épanouiront ».

La réponse est juste, bien que le pape se garde de parler du devoir grave qu'ont les parents de faire baptiser leurs enfants le plus tôt possible, afin de les arracher au péril de la mort éternelle. François préfère parler d’un manque de confiance dans l’Esprit saint qui œuvre dans l’âme des tout-petits, en y développant les vertus chrétiennes. Il faut donc donner à tous les enfants la possibilité « d’avoir en eux l’Esprit saint qui les guide pendant leur vie ». D’où cette injonction : « N’oubliez pas de baptiser les enfants ! »

Commentaire

Il est heureux que le pape profite d'une audience pontificale pour lancer un appel aux adultes afin qu'ils fassent baptiser leurs enfants le plus tôt possible. Puisse cet appel être entendu, au rebours d’une pratique qui s’est largement répandue depuis l’aggiornamento conciliaire.

Cependant, conformément à la nouvelle pastorale qui évite de parler des fins dernières, le pape laisse de côté l'effet propre du baptême qui est d'effacer la tâche du péché originel et de faire devenir enfant de Dieu en arrachant l'âme au pouvoir du démon. Il ne parle pas de la grâce sanctifiante ni du cortège des vertus infuses, préférant mettre en avant la vie divine et même trinitaire donnée par le baptême, qui est effectivement une nouvelle naissance donnée à l'âme par le Saint-Esprit.

Reste cette insistance bienfaisante sur la nécessité du baptême pour avoir part à la vie divine. Il serait intéressant d'en considérer la portée exacte à l'heure du dialogue interreligieux où tant d'âmes gisent à l'ombre de la mort, loin de la vraie foi et du sacrement de baptême qui procure la vie éternelle. Au moment d'envoyer ses disciples baptiser toutes les nations et prêcher l'Evangile à toute créature, le Christ avait précisé : « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné » (Mc 16, 16).