Inde : la châsse de saint François-Xavier fait peau neuve

Les travaux de restauration de la châsse en argent abritant les restes mortels de saint François-Xavier ont pu commencer. Une décision reçue avec soulagement, vu l’état du reliquaire, et qui illustre une fois de plus l’indifférence voire l’hostilité des autorités à l’encontre du catholicisme.

La détermination du recteur de la basilique du Bon Jésus à Goa (Inde) aura finalement pu l’emporter : avec fierté, le père Patricio Fernandes a annoncé, le 10 décembre 2020, le début des travaux de restauration de l’imposant reliquaire en argent protégeant le corps de l’apôtre des Indes.

Il faut dire qu’il y a urgence, puisqu’aucun travail de conservation n’a été entrepris sur la châsse, depuis son installation dans la basilique, en1637…

Remontons le cours du temps : le 19 février 1624, les reliques de saint François Xavier sont solennellement portées en procession depuis le collège Saint-Paul, à la basilique du Bon Jésus.

Quelques années plus tard, un missionnaire partant pour le Japon s’arrête à Goa : il s’agit du père Marcello Mastrilli, un jésuite miraculeusement guéri par le saint. C’est lui qui commande le nouveau coffret en argent, qui sera terminé à temps, le 2 décembre 1637, la veille de la fête liturgique du compagnon de saint Ignace.

Au fil des siècles, la châsse s’est peu à peu détériorée, au point d’inquiéter l’actuel recteur de la basilique. A l’initiative du père Fernandes, trois spécialistes venus de Florence (Italie) sont venus examiner le reliquaire, et leur verdict fut sans appel : si aucun travail de restauration n’est entrepris dans les dix ans, la châsse va s’effondrer sur le corps du saint.

Un constat qui n’a pas eu l’air d’émouvoir les autorités indiennes, assez peu enclines à accorder une aide quelconque aux chrétiens.

Aussi, en 2019, l’actuel recteur a écrit une lettre sévère au directeur de l’autorité indienne responsable des travaux d’archéologie (ASI), l’accusant de « négligence colossale, d’incompétence et d’inefficacité », dans la gestion des travaux de restauration de la basilique et de son mobilier.

Une protestation qui semble avoir été suivie d’effet, puisque les travaux de restauration de la châsse de saint François Xavier ont enfin commencé, avec deux ans de retard sur l’agenda initial, pour une durée non évaluée.