Israël gèle un projet visant à effacer la présence chrétienne à Gethsémani

Source: FSSPX Actualités

Le Mont des Oliviers

Devant la levée de boucliers des catholiques et des autres confessions chrétiennes de Terre Sainte, l’Autorité israélienne de la nature et des parcs (Inpa) vient de geler un projet polémique visant à englober les lieux saints chrétiens situés sur le Mont des Oliviers, dans un vaste parc national. Avec l’intention inavouée d’effacer peu à peu toute présence chrétienne de la région.

Bien qu’aucun grand média occidental ne s’en soit fait l’écho, la ficelle était un peu grosse : depuis le début de l’année 2022, le Mont des Oliviers, à Jérusalem, se trouve au cœur d’une polémique entraînée par la décision des autorités israéliennes d’englober dans un vaste parc national protégé, les terrains appartenant à l’Eglise, sur lesquels le Christ a souffert son agonie, et a été arrêté.

L’initiative, portée par l’Autorité israélienne de la nature et des parcs (Inpa) était censée inclure une grande partie du Mont des Oliviers, ainsi que les zones des vallées du Cédron et de la Géhenne, et devait être mise à l’ordre du jour du conseil municipal de Jérusalem le 2 mars 2022.

C’était sans compter la détermination des chrétiens de Terre Sainte, bien décidés à ne pas laisser aller à son terme un projet hypothéquant leur présence dans la région.

Ainsi, le 18 février dernier, le père Francis Patton, religieux franciscain qui exerce les fonctions de Custode de Terre Sainte, a pris la plume pour écrire au ministre de l’Environnement de l’Etat juif.

« Bien que le plan soit officiellement présenté par l’Inpa, il semble avoir été proposé, orchestré et promu par des entités dont le seul objectif est de confisquer en le nationalisant, l’un des sites les plus sacrés du christianisme, et d’en modifier la nature », peut-on lire dans la lettre co-signée par les patriarches grec orthodoxe et arménien de Jérusalem.

Le projet, qualifié de « brutal », par les représentants des différents confessions chrétiennes, « semble servir un agenda idéologique qui nie le statut et les droits des chrétiens de Jérusalem, sous prétexte de défendre les espaces verts », fustige la lettre envoyée pour information aux consuls généraux de France, Turquie, Italie, Grèce, Espagne, Royaume-Uni, Belgique et Suède.

Allant plus loin dans la dénonciation, Farid Jubran, avocat général de la Custodie de Terre Sainte de l’Eglise catholique, a déclaré que faire d’une zone qui comprend la propriété de l’Eglise une partie d’un parc national, « mettait le contrôle entre les mains de personnes qui n’ont d’autre objectif que d’effacer des caractéristiques non juives sur cette montagne ». Une analyse confirmée par les nationalistes juifs eux-mêmes.

Dans une déclaration conjointe, les groupes de défense des droits Bimkom, Emek Shaveh, Ir Amim et Peace Now ont reconnu que le projet d’extension du parc national des murs de Jérusalem faisait partie de « divers mécanismes utilisés par Israël à Jérusalem-Est pour ancrer sa souveraineté, marginaliser la présence non juive et empêcher le développement indispensable des quartiers palestiniens, augmentant ainsi la pression pour les expulser du bassin de la vieille ville ».

Suite au tollé provoqué par ces propos, l’Autorité israélienne de la nature et des parcs a décidé, le 20 février dernier, qu’elle « gelait » le projet, affirmant n’avoir « aucune intention de faire avancer le plan au sein du comité de planification et qu’il n’est pas prêt à être discuté sans coordination et communication avec tous les responsables concernés y compris les Eglises dans la région ».

Du côté de la Custodie de Terre Sainte, on se dit que si une bataille a été remportée, la guerre est loin d’être finie : le projet n’est en effet que gelé, et fait partie selon plusieurs analystes israéliens d’une stratégie nationaliste plus large faisant penser au jeu de go, le but étant d’encercler la vieille ville de Jérusalem pour la vider de toute présence chrétienne, et plus largement non juive.