Italie : Les évêques soutiennent la construction de mosquées

Mgr Mariano Crociata, secrétaire général de la Conférence épiscopale italienne (CEI), a donné son soutien à la construction d’une grande mosquée à Milan, que le cardinal Dionigi Tettamanzi, archevêque de Milan, avait appelé de ses vœux. « Il s´agit là d´un droit fondamental à la liberté de religion », a affirmé le secrétaire général dans la presse italienne du 25 mai. « Les mosquées ne sont pas uniquement des lieux de prière, mais un point de rencontre social et culturel, qui répond aux besoins de la communauté islamique ». Mgr Crociata estime cependant important que les activités dans les mosquées ne soient pas contraires à la Constitution et à la législation italienne. Cette déclaration a été faite lors de la campagne précédant les élections communales des 29 et 30 mai derniers, au cours de laquelle Letizia Moratti, maire sortante et ancienne ministre de l´Education et de l´Instruction (2001-2006), s´est prononcée contre la construction de nouvelles mosquées.

En réponse, Magdi Cristiano Allam, converti au catholicisme il y a trois ans, a dénoncé dans le quotidien Il Giornale du 25 mai, l’alliance du cardinal avec le candidat socialiste aux élections municipales, sur le projet d’une mosquée gigantesque élevant son dôme et son minaret dans le ciel de Milan, conçu comme l’aboutissement du modèle multiculturel de la société. « Comment le cardinal Tettamanzi peut-il soutenir, non pas de façon discrète, mais publiquement, un candidat à la mairie qui est en faveur de l’avortement, de l’euthanasie, du mariage homosexuel, de la drogue distribuée par l’Etat ? Se rend-il compte que le message transmis est celui d’un christianisme devenu un désert, sans ancrage dans nos racines judéo-chrétiennes, dans la foi en Jésus-Christ ressuscité, dans les valeurs non-négociables, dans l’identité chrétienne, et destiné à succomber devant la détermination, l’arrogance et la violence des islamistes ? Le cardinal Tettamanzi et le candidat (socialiste) Pisapia sont des enfants de l’idéologie du relativisme qui poursuivent le rêve d’une ville de Milan multiculturelle, (…) décrite, encore hier, par le cardinal Tettamanzi en ces termes : ‘Milan est fortement sollicitée pour redevenir Medio-lanum, c’est-à-dire terre du milieu, carrefour des peuples qui cherchent dans le Dieu vivant la seule vraie réponse pour leur vie’. Si Milan se présente comme une lande déserte, il n’est pas surprenant qu’elle soit perçue par les musulmans comme une terre de conquête. »

Un mois plus tôt, dans Il Giornale du 24 avril, Magdi Cristiano Allam rappelait que « le cardinal Tettamanzi avait déjà souhaité la construction d’une grande mosquée à Milan, le 4 septembre 2010, avec l’appui de Mgr Ambrogio Spreafico, président de la Commission épiscopale de la CEI (Conférence épiscopale italienne) pour l’Evangélisation des peuples et la coopération entre les Eglises ».

Magdi Cristiano Allam est journaliste et député européen italien. D’origine égyptienne et musulmane, il s’est converti au catholicisme et fut baptisé par Benoît XVI le 22 mars 2008. Né au Caire en 1952, élève des écoles catholiques italiennes en Egypte, Magdi Allam a poursuivi ses études en Italie où il vit depuis 1972. Magdi devenu Cristiano Allam, a expliqué sa conversion au catholicisme dans une lettre adressée au directeur du quotidien Corriere della Sera, publiée le 23 mars 2008. « Hier soir, veille de Pâques, je me suis converti à la religion catholique, renonçant ainsi à mon ancienne foi musulmane… J’ai pris le nom chrétien le plus simple et le plus explicite : Cristiano. Depuis hier soir, je m’appelle donc Magdi Cristiano Allam. (…) Mon esprit s’est affranchi de l’obscurantisme d’une idéologie qui légitime le mensonge et la dissimulation, ainsi que la mort violente, ce qui conduit à l’homicide et au suicide, la soumission aveugle et la tyrannie. J’ai ainsi pu adhérer à la religion authentique de la Vérité, de la Vie et de la Liberté. (…) J’ai donc dû prendre acte du fait que, au delà de la situation caractérisée par la domination du phénomène des extrémistes et du terrorisme islamique au niveau mondial, la racine du mal se trouve dans un islam qui est physiologiquement violent et historiquement conflictuel. » (Voir DICI n°173 du 5 avril 2008)  (Sources : apic/imedia/ilgiornale – DICI n° 236 du 11/06/11)

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