Japon : confusion autour d’un séminaire dédié au Chemin néo-catéchuménal
Danse des fidèles du néocatéchuménat, à la fin de la célébration, dans une église parisienne.
L’archevêque de Tokyo a publiquement confié son étonnement à la nouvelle de l’érection d’un futur séminaire du Chemin néo-catéchuménal, décidée par Rome sans consultation préalable des évêques locaux.
« Je suis perplexe relativement à la décision de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples » a déclaré Mgr Tarcisius Kikuchi, archevêque de Tokyo, dans un communiqué de presse publié le 15 août 2018.
Cette perplexité s’explique du fait d’un précédent qui remonte à 2009, année où un premier séminaire du Chemin avait été fermé après une vingtaine d’années d’existence. Un conflit ouvert l’opposait à l’Ordinaire du lieu de l’époque, Mgr Satoshi Fukahori, et s’était terminé devant les tribunaux.
Neuf ans plus tard, le cardinal Fernando Filoni, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, a décidé d’installer dans la capitale nippone un séminaire destiné aux membres du Chemin néo-catéchuménal.
« Il m’est difficile de comprendre la décision de rétablir un séminaire exclusivement pour le Chemin au Japon, sans réflexion et étude de ce qui s’est préalablement passé », a déploré Mgr Kikuchi.
Du côté du cardinal Filoni, cette décision a été prise « après avoir consulté les évêques, les prêtres, les religieux et les laïcs » : ce que réfute l’archevêque de Tokyo qui affirme que ni lui, ni son prédécesseur n’ont été consultés.
Né en 1964, dans l'esprit et l'effervescence du concile Vatican II, le mouvement prône un retour aux enseignements du christianisme antique, avec toutes les dérives que cet archaïsme ne peut manquer de provoquer.
Le Chemin, dont les statuts ont été approuvés par Rome en 2008, est doté d’une autorisation spéciale pour célébrer la messe selon des coutumes propres qui vont le plus souvent à l’encontre des lois liturgiques de l’Eglise.
Mgr Athanasius Schneider, lors d’un entretien accordé en mars 2018 à l’association hongroise John Henry Newman, a fait une mise en garde toute particulière contre ce mouvement. Il y voit « une communauté judéo-protestante au sein de l’Eglise, avec une sorte de décoration catholique, rien de plus ».
De quoi rendre en effet perplexe l’archevêque de Tokyo… et tous les catholiques de bonne volonté.
(Source : UCAnews - FSSPX.Actualités - 01/09/2018)