Japon : terre de mission

Messe au sein de la cathédrale de Nagasaki.
Le pape François vient d’adresser une lettre aux évêques du Japon, leur demandant de faire face aux défis qui menacent la société nippone - divorces, suicides, etc. - et de garder à l’esprit le témoignage des nombreux martyrs que compte le pays.
Le cardinal Fernando Filoni, préfet de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples - c’est de ce dicastère que relève le Japon en tant que terre de mission - a entamé, le dimanche 17 septembre 2017, une visite pastorale au pays du Soleil Levant qui doit s’achever le 26 septembre.
C’est dans ce contexte que le Souverain Pontife a adressé une lettre aux évêques japonais. Radio Vatican précise que ce courrier est l’occasion pour François d’évoquer notamment le « taux élevé de divorces, le nombre de suicides, même parmi les jeunes », sans oublier « le phénomène des ‘hikikomori’, ces gens qui choisissent de vivre complètement déconnectés de la société.
Le pape en profite aussi pour décrire les maux dont souffre le pays, à l’instar d’à peu près toutes les sociétés de consommation : « le formalisme spirituel, le relativisme moral, l’indifférence envers la religion, une obsession pour le travail et pour l’épargne ».
François conclut sa lettre en rappelant que la vraie force évangélique de l’Eglise japonaise vient du fait qu’elle a été une Eglise de martyrs et de confesseurs de la foi, et que c’est « un grand atout à sauvegarder et à développer ».
Pour mémoire, le Japon comptait, en 2012, selon les statistiques fournies par l’Aide à l’Eglise en Détresse (AED), 537 000 fidèles, ce qui représente moins de 0,5% de la population.
C’est saint François-Xavier qui est à l’origine de l’évangélisation du pays, débarquant en août 1549, à Kagoshima. Avec lui, et à sa suite, de nombreux Jésuites et Franciscains réussirent à répandre le christianisme dans le pays, en même temps qu'ils créaient des écoles, des paroisses et des hôpitaux. Mais en 1587, tous les missionnaires sont expulsés et les persécutions commencent.
L’Histoire retient surtout celle de Nagasaki, en 1597 : 26 chrétiens sont alors crucifiés, le 5 février, sur une colline face à la mer. Ce groupe de martyrs comprenait des jeunes, des personnes âgées, des laïcs et des religieux.
Le 10 septembre 1622, c’est le « Grand Martyre », encore à Nagasaki, au cours duquel 22 chrétiens furent brûlés vifs et 30 décapités. Ils furent tous béatifiés en 1627 par le pape Urbain VIII, et canonisés le 8 juin 1862 par le pape Pie IX. Leur fête est célébrée au Japon le 6 février.
A partir de la fermeture totale du Japon en 1640, un petit groupe survit clandestinement – « les chrétiens cachés » – jusqu’à l’ouverture du pays au milieu du XIXe siècle.
Le poids de l’Eglise catholique dans la société est toutefois bien supérieur à son importance numérique, comme le note Marie Malzac pour le journal La Croix. Avec ses 24 hôpitaux, ses 500 jardins d’enfants et ses 19 universités, elle jouit aujourd’hui d’une « popularité non négligeable ».
L’Eglise japonaise est aussi une des rares instances à œuvrer activement à la réconciliation entre Japonais et Chinois, ainsi qu’entre Japonais et Coréens, dont les relations sont encore marquées par les atrocités qui se sont produites au cours de la Seconde Guerre mondiale, souligne le rédacteur-en-chef d’Eglises d’Asie. Les évêques de l’archipel participent ainsi, deux fois par an, à une réunion avec leurs homologues coréens sur cette question.
(Sources : Radio Vatican/AED/EDA/La Croix - FSSPX.Actualités - 23/09/17)