Kazakhstan : une nouvelle basilique évoque les martyrs du communisme

Source: FSSPX Actualités

La nouvelle basilique mineure

Le 6 septembre 2020 restera à jamais gravé dans le cœur des catholiques kazakhs : c’est en ce jour que la cathédrale Saint-Joseph de Karaganda a été élevée au rang de basilique mineure, lors d’une messe pontificale retransmise en direct. Une façon d’honorer la mémoire des martyrs du communisme dans cette lointaine terre de mission.

Un décret de la Congrégation pour le culte divin et de la discipline des sacrements du 19 juin dernier avait autorisé cette érection.

« Il s’agit d’un véritable sanctuaire – explique Mgr Adelio Dell’Oro, évêque de Karaganda – où les fidèles sont très nombreux à se rendre en pèlerinage car c’est là que repose le corps du père Wladislav Bukowinsky, martyr du communisme. »

Car la nouvelle basilique rappelle avant tout les souffrances que le clergé et les fidèles ont endurées pour demeurer fidèles à la foi de leur baptême : après la mort de Staline, en 1953, quelques prêtres – une poignée – ayant survécu à l’univers concentrationnaire soviétique sont déportés à Karaganda.

« Parmi eux se trouvaient le père Wladislav Bukowinsky, Mgr Alexander Khira, évêque gréco-catholique, les pères Alexander Staub, Alexiy Zaritsy, Albinas Dumblyauskas et d’autres encore », rappelle Mgr Dell’Oro.

Des prêtres qui, éloignés de leur terre natale, brisés par les sévices supportés au goulag, n’ont pourtant jamais baissé les bras : « Ils baptisaient, confessaient, célébraient la messe et les mariages clandestinement. La population venait à eux de régions lointaines pour recevoir les sacrements », explique l’évêque de Karaganda.

Le prélat souligne également que de nombreuses femmes ont elles aussi contribué à l’évangélisation, au péril de leur vie : « Malgré les cruelles persécutions, elles catéchisaient les adultes, les enfants et les adolescents qui préparaient leur première communion, et les autres sacrements ».

Ce n’est qu’avec le lent dégel de l’ère brejnévienne, que la paroisse Saint-Joseph de Karaganda obtient le droit d’exister officiellement, le 28 février 1977.

A partir de là, une modeste maison appelée zemlianka est acquise sur le territoire de la paroisse, et la première messe officielle y est célébrée le 19 mars 1977, en la fête de la saint Joseph.

La première pierre de l’église actuelle est bénie au mois de novembre de la même année : « A la construction de l’édifice, débutée au printemps 1978, tous [les membres de la communauté] participèrent, du plus petit au plus grand, y compris les invalides et les malades, et dès le 8 septembre, la première messe put être célébrée en l’église Saint-Joseph, à peine achevée », poursuit Mgr Dell’Oro.

Pourquoi avoir demandé à Rome de conférer au sanctuaire le titre de basilique mineure ? Pour commémorer les martyrs méconnus du communisme, mais aussi pour « renforcer le lien de cette église avec l’évêque de Rome, et mettre ainsi en évidence son importance sur le territoire kazakh », explique le prélat.