La bataille pour la restauration de Notre-Dame commencera au printemps

Source: FSSPX Actualités

Le 15 avril 2019, il y a bientôt un an, la cathédrale Notre-Dame de Paris était ravagée par un incendie dont l’origine n’est toujours pas connue. L’architecte en chef des monuments historiques fait le point sur les travaux et s’inquiète du choix qui sera fait pour la restauration de l’édifice, notamment de la flèche. 

Les mois ont passé, et l’édifice emblématique de la capitale française, partiellement encore recouvert d’échafaudages, fait l’objet d’une minutieuse attention de la part des techniciens chargés de la sécurité de la structure. Les opérations sont dirigées par Philippe Villeneuve, architecte en chef des monuments historiques. Lors d’un entretien accordé au Wall Street Journal, le 21 février 2020, il ne cache pas ses inquiétudes. 

Une fois les échafaudages retirés - ce qui aurait dû avoir lieu au printemps si les travaux n'avaient pas été interrompus à cause de l’épidémie de coronavirus -, les propositions de reconstruction seront discutées en détail. Mais ces discussions s’annoncent d’ores et déjà difficiles. 

Car Philippe Villeneuve affirme qu’il existe principalement deux positions concernant la restauration de la cathédrale, en particulier de la flèche : d’un côté, celle du président de la République qui souhaite une restauration « contemporaine », dans la ligne de ce qui a été fait ailleurs à Paris, au Centre-Pompidou ou avec la pyramide du carrousel du Louvre. 

De l’autre côté, il y a ceux - dont fait partie l’architecte en chef des monuments historiques - qui souhaitent, par respect pour l’édifice, une restauration à l’identique : « en reconstruisant la cathédrale », explique Philippe Villeneuve, « nous devons être incroyablement prudents, avoir un respect infini et, surtout, ne laisser aucune trace de notre passage. En un mot, nous devons être sobres ». 

Pour l'instant, il semble que le Parlement français partage cette sobriété : dans un projet de loi voté durant l'été 2019, les députés ont confié à l’exécutif la mission de ramener la cathédrale à l’aspect qu’elle avait avant le sinistre. 

Mais, ainsi que le mentionne The Wall Street Journal, le gouvernement français dispose d’une certaine liberté pour modifier le projet de restauration. 

Etant donné qu’Emmanuel Macron s’est engagé à achever la reconstruction de l’édifice dans les cinq ans – soit avant les Jeux olympiques de Paris, en 2024 – le projet du chef de l’Etat devrait être connu dans les prochains mois. Cependant la crise du coronavirus vient déjà contrarier cette volonté de faire vite. Le chantier devrait déborder la durée de l’actuel quinquennat.