La boussole et l’aimant

Source: FSSPX Actualités

Fin août, plusieurs ecclésiastiques, anciens étudiants du professeur Joseph Ratzinger, se réuniront à Castel Gandolfo pour se pencher sur l’herméneutique de Vatican II, c’est-à-dire sur l’interprétation qu’on doit donner des textes de ce concile. En mars dernier, les conférences de carême à Notre-Dame de Paris, présentaient Vatican II comme « une boussole pour notre temps ». D’où cette question naïve : peut-on interpréter la direction qu’indique une boussole ? Si elle montre le nord comme toute bonne boussole sait le faire, de quel commentaire a-t-elle besoin ? Elle livre une information précise qui doit faire taire toute discussion : voici le nord et tout le reste est superflu !

D’où cette autre interrogation ingénue : pourquoi depuis près de 50 ans, le Concile Vatican II est-il l’objet de tant de lectures et relectures divergentes voire contradictoires ? On parle de discontinuité et de rupture, de renouvellement dans la continuité et de continuité dans le changement… Les opinions s’affrontent et les esprits paraissent déboussolés !

Une réponse nous est fournie par le fait que l’aiguille de la boussole n’indique plus le nord lorsqu’elle subit une attraction étrangère : un aimant peut la faire dévier et même l’affoler. Le Concile Vatican II en voulant s’ouvrir à l’esprit du monde moderne s’est placé sous une force d’attraction étrangère à l’Eglise. Pour retrouver le nord, il faudrait s’affranchir de l’influence de cet aimant. Et là, point besoin d’herméneutique, saint Paul suffit qui disait sans détours : « Ne vous conformez pas au monde présent » (Rm. 12,2).