La conscience chrétienne en soutien au droit à la vie

 

 Mgr Elio Sgreccia, président de l’Académie pontificale pour la vie, s’est exprimé le 20 février au cours d’une conférence de presse : « L’avortement chimique, la recherche sur les cellules souches qui impliquent la mort des embryons et les autres formes de violation de la vie » sont des cas où les catholiques doivent opposer leur objection de conscience. De même pour les mariages homosexuels et l’adoption d’enfants par ces couples. « Nous sommes convaincus que, non seulement il y a une place légitime pour la conscience chrétienne dans la société pluraliste, mais qu’elle est utile pour toute la société, car la conscience chrétienne peut s’exprimer et offrir sa contribution ». Pour cela il faut « former la conscience chrétienne face à ces questions, en expliquant ses références, sa nature et ses devoirs à la lumière de la foi dans un dialogue utile avec les différents courants culturels ». Car, l’objection de conscience « accompagnée de l’amour de la vérité et du respect d’autrui, n’est pas une fuite des responsabilités mais un témoignage constructif. Dans ce domaine de la vie et de la santé se manifestent aujourd’hui de nouveaux cas de figure devant lesquels médecins et corps médical doivent mettre en pratique l’objection de conscience ».

 Benoît XVI a reçu en audience les participants au Congrès, le 24 février : « La conscience chrétienne a en effet intérieurement besoin de se nourrir et de se renforcer avec les motivations multiples et profondes qui militent en faveur du droit à la vie. C’est un droit qui exige le soutien de tous, car il s’agit du droit fondamental parmi tous les autres droits humains ». Et, « le chrétien est appelé à se mobiliser pour faire front aux multiples attaques auxquelles est exposé le droit à la vie, il sait pouvoir compter sur des motivations qui ont des racines profondes dans la loi naturelle et qui peuvent donc être partagées par toutes les personnes qui ont une conscience juste ». Le souverain pontife a dénoncé « les attaques contre le droit à la vie qui se sont étendues et multipliées dans le monde entier », avec « les pressions pour la légalisation de l’avortement » en Amérique latine et dans les pays en voie de développement, « le recours à la libération de nouvelles formes d’avortement chimique sous le prétexte de la santé reproductive ». Dans les pays développés, « l’intérêt pour la recherche biotechnologique plus poussée pour instaurer de subtiles et amples méthodes d’eugénisme jusqu’à la recherche obsessionnelle de ‘l’enfant parfait’ », a poursuivi le pape. C’est « une nouvelle vague d’eugénisme discriminatoire au nom du prétendu bien-être des individus », avec la légalisation de l’euthanasie et « la multiplication des aides pour la légalisation de modes de vie en commun, alternatives au mariage et fermées à la procréation naturelle ».

 « Dans ces situations, la conscience parfois étouffée par les moyens de pression collective n’est pas assez vigilante face à la gravité des questions en jeu et le pouvoir des plus forts affaiblit et semble paralyser les personnes de bonne volonté. Pour cette raison, a affirmé le souverain pontife, l’appel à la conscience et en particulier à la conscience chrétienne est encore plus nécessaire » et, « la formation d’une conscience vraie parce que fondée sur la vérité, et droite parce que déterminée à en suivre les règles, sans contradictions, sans trahisons, sans compromis, est aujourd’hui une entreprise difficile et délicate, mais incontournable ». La sécularisation appelée post-moderne « est marquée par des formes de tolérance discutables, non seulement le refus de la tradition chrétienne augmente, mais on se défie aussi de la capacité de la raison à percevoir la vérité et nous nous éloignons du goût de la réflexion. Selon certains, la conscience individuelle devrait même, pour être libre, se défier aussi bien des références à la tradition, que de celles fondées sur la raison. Ainsi, la conscience, qui est un acte de la raison visant à la vérité des choses, cesse d’être une lumière et devient un simple fond sur lequel la société des médias jette des images et les impulsions les plus contradictoires ».

 « S’il est nécessaire de parler des critères moraux qui concernent ces questions, avec des professionnels, médecins et juristes, pour les exhorter à élaborer un jugement de conscience compétent, et, selon le cas, également une courageuse objection de conscience, il est tout aussi urgent de veiller à la formation de la jeunesse et des adultes, pour les familles et les communautés paroissiales. »

 « Dans une société parfois assourdissante et violente, avec votre qualification culturelle, l’enseignement et l’exemple, vous pouvez contribuer à réveiller dans de nombreux cœurs la voix éloquente et claire de la conscience. »

 Le 16 mars, la déclaration finale de la 13ème Assemblée plénière de l’Académie pontificale pour la vie a été publiée. Le texte a rappelé l’exercice de l’objection de conscience « dans le domaine médical lorsqu’il s’agit de protéger la vie humaine et que les dispositions législatives la mettent en danger ».  Et de préciser : « La mobilisation de tous ceux qui ont à cœur la vie humaine est plus que jamais opportune, et doit s’étendre jusqu’à la sphère politique. Il s’agit d’une exigence absolue de la justice et du respect de l’égalité, qui exigent la garantie des droits de chacun, des personnes les plus fragiles tout particulièrement ».