La pastorale au chevet de Medjugorje

L’envoyé du pape à Medjugorje sort de son silence en expliquant le sens éminemment pastoral de sa mission, et plaidant l’apaisement : en filigrane la volonté du pape de s’acheminer vers un « ni, ni » : ni condamnation définitive ; ni reconnaissance du caractère surnaturel des événements.

Nommé envoyé spécial du Saint-Siège à Medjugorgje le 11 février dernier, Mgr Henryk Hoser va débuter à la fin du mois de mars une visite d’orientation dans cette Bosnie qu’il n’a jamais visitée : « Je vais d’abord rencontrer le nonce ainsi que l’archevêque de Sarajevo, puis naturellement l’évêque local de Mostar et les frères franciscains qui animent le sanctuaire », a-t-il déclaré. Rencontre délicate lorsqu’on connaît les rapports historiquement conflictuels entre l’ordinaire du lieu et les franciscains au sujet de la réalité ou non des apparitions mariales dans la petite cité - l’évêque de Mostar ayant une nouvelle fois déclaré il y a quelques semaines le caractère non-surnaturel des événements datant de 1981, s’appuyant sur les conclusions négatives de la commission d’enquête romaine présidée par le cardinal Ruini et qui sont maintenant entre les mains de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

Mais Mgr Hoser semble avoir une mission pastorale : celle d’apaiser la controverse dans cette périphérie européenne en évitant une condamnation définitive, car le fait « que ce lieu draine tant de fidèles, que ceux-ci y trouvent un enrichissement spirituel, ne peut être écarté de l’esprit : on dénombre sur place cinquante confessionnaux (…) ; le Saint-Père est conscient de tous ces enjeux », déclare le prélat avant d’ajouter : « Il ne faut en aucun cas s’inquiéter ». N’est-ce pas la parfaite illustration d’un des thèmes chers au pape : le dépassement du clivage entre doctrine et pastorale ? L’évêque de Mostar prie, quant à lui, tous les jours pour que le salut des âmes demeure au principe de toute initiative à Medjugorje. (Sources : FSSPX.News / Aleteia)