La solution de la crise selon le cardinal Newman

Source: FSSPX Actualités

Lorsqu’il fut créé cardinal par Léon XIII, en 1879, Newman prononça un discours de remerciement où il dénonçait le libéralisme, comme devait le faire le pape en 1888, dans Libertas Praestantissimum. A la fin de ce discours, le prélat anglais rappela les moyens par lesquels la Providence délivre ordinairement l’Eglise des ennemis qui veulent sa perte – il n’envisageait pas encore, il est vrai, un ennemi intérieur comme le modernisme qui fut condamné en 1907 par saint Pie X, dans Pascendi Dominici Gregis.

Il affirmait : « Quelquefois, notre ennemi devient notre ami ; quelquefois, il est dépouillé de cette virulence particulière du mal qui était si menaçante ; quelquefois, il tombe de lui-même en pièces ; quelquefois, il fait juste ce qui était utile, et puis il est écarté. Habituellement, l’Eglise n’a rien de plus à faire que de poursuivre son devoir dans la confiance et la paix ; à rester calme et à contempler le salut de Dieu ». On peut se demander si l’attitude que Newman propose à l’Eglise face au péril qui la menace de toutes parts, ne relève pas de l’inconscience et de l’irénisme : poursuivre son devoir dans la confiance et la paix ! C’est bien là pourtant que se manifestera la force surnaturelle de l’Eglise : rester doctrinalement stable dans la tempête, sans se laisser séduire par la voix des sirènes invitant au dialogue avec la modernité agitée par les soubresauts de la nouveauté. A la suite de saint Paul, Mgr Lefebvre disait : « Tradidi quod et accepi, j’ai transmis ce que j’ai reçu ».