La Suisse a approuvé le mariage pour tous

Source: FSSPX Actualités

En ce dimanche 26 septembre, les citoyens helvétiques étaient appelés aux urnes par un référendum portant sur le « mariage pour tous ». Le résultat a malheureusement été sans équivoque : plus de 64% de « oui », et la majorité dans tous les cantons.

Le 11 juin 2020, le Conseil national – la chambre basse de l’Assemblée fédérale suisse – avait approuvé le texte qui acceptait le mariage pour tous et la procréation médicalement assistée pour les couples homosexuels de femmes – car la gestation pour autrui est toujours interdite en Suisse.

Le 18 décembre 2020 c’était au tour du Conseil des Etats – chambre haute de l’Assemblée fédérale - d’approuver le texte.

Le 12 avril 2021, une demande de référendum était déposée, assortie de 61027 signatures, le seuil à atteindre étant de 50000. Le gouvernement fixe alors ce référendum au dimanche 26 septembre.

Le Réseau évangélique suisse (protestant) s’est montré l’opposant le plus virulent et le plus combatif. Du côté des partis politiques, c’est l’Union démocratique fédérale – également à majorité protestante – qui a fait campagne pour le « non ».

Du côté catholique, la discrétion a été de rigueur. A la mi-décembre 2020, à la suite de l’adoption de la loi, la Conférence des évêques suisses (CES) s’était autorisée d’une Déclaration sur le “Mariage pour tous”.

Les évêques commençaient par affirmer leur souci de lutter contre les discriminations, et dans ce contexte, ils reconnaissaient « l’importance d’introduire l’égalité pour toute personne dans le cadre du droit de cité et des rentes de survivants ».

Mais la CES pensait préférable d’adapter la législation du Partenariat enregistré existant déjà en Suisse. Leur plus grave opposition concernait la PMA. Ainsi que les troubles inévitables dans la filiation qu’allait induire cette loi.

Le texte concluait que les évêques ne pouvaient « accepter sous cette forme » le projet de mariage pour tous.

Par la suite, aucune consigne de vote n’a été donnée par les évêques. La raison étant qu’il ne s’agissait que d’une union civile. Mais aussi du fait que l’Eglise suisse est divisée entre divers courants : la partie germanophone, influencée par l’Allemagne, est plus avancée que les parties francophone et italophone, plus conservatrices.

Enfin, tout en rejetant le nom de « mariage » donné à cette union, les évêques suisses ont suivi l’idée du pape François qui est favorable à une union civile des couples de même sexe, pour leur assurer des droits civils.

Il n’est donc pas étonnant que les électeurs catholiques aient tiré les conséquences des principes présentés par leurs pasteurs et se soient prononcés eux aussi pour le « oui », même si les régions catholiques ont été significativement plus réticentes.

Le résultat : c’est bien un « mariage pour tous » qui a été plébiscité par la population suisse, incluant l’adoption pour tous, ainsi que la PMA pour les couples de femmes.

Il faut enfin souligner que les catholiques de la Tradition se sont beaucoup dépensés pour défendre résolument la famille telle qu’elle est sortie des mains du Créateur, et telle que la loi du Christ l’a ornée par un sacrement.

Associations, fidèles influents, militants et prêtres ont relevé ce défi dans les médias publics, sur les affiches de campagnes, et sur Internet par des articles et des publicités.

Les âmes de bonne volonté auront eu la possibilité de réfléchir aux vrais enjeux du contrat de mariage.

L’un des principaux slogans rappelait notamment au nom de l’enfant : « J’ai un papa et une maman » : un appel à la loi naturelle qui aura finalement été évité quasi-systématiquement par les médias.

Reste à saluer un engagement qui doit découler d’une fidélité sans crainte au trésor de la doctrine de l’Eglise, quoi qu’il en coûte.

Une campagne d’affichage sur les tramways de Genève