L’abolition du génitif
A la veille de la VIIIe université d’été qui traitera cette année de la liberté, on peut faire cette remarque simplement grammaticale : la liberté moderne consiste à s’affranchir du complément de nom, ce qu’en latin on appelle le génitif et qui exprime une subordination comme la parenté – filius Pauli, le fils de Paul –, ou la possession – liber Petri, le livre de Pierre.
En effet, aujourd’hui on dit : « le changement, c’est maintenant ». Le changement de quoi ? Le changement pour qui ? Peu importe ! C’est le changement en soi, le changement pour lui-même. Et l’on nous assure que c’est maintenant, ce qui ne nous rassure pas. Cette abolition du complément de nom équivaut à la suppression du point d’ancrage d’une idée dans la réalité. N’étant plus arrimée, elle peut divaguer comme le « bateau ivre » au fil de l’eau... avant que sa quille n’éclate.
On se libère du génitif, de même on se débarrasse du géniteur et de la relation de dépendance que sa paternité impose aux enfants. Gestation pour autrui, procréation médicalement assistée..., plus de nature humaine à assumer, plus d’autorité à respecter ! Les mutants, c’est maintenant.
Abbé Alain Lorans
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