L’Argentine dit non à l’avortement
Argentine: des milliers de manifestants contre la légalisation de l'avortement
Les sénateurs argentins ont rejeté, le 9 août 2018, le projet de légalisation de l’avortement, ruinant pour l’instant les espoirs des organisations féministes, alors que ce projet de loi avait été adopté par les députés au mois de juin.
Au terme de seize heures de discussions, 38 sénateurs ont voté contre le texte autorisant l’avortement durant les 14 premières semaines de grossesse ; 31 ont voté pour et deux se sont abstenus.
Sur la place du Congrès de Buenos Aires, deux camps se faisaient face. Les promoteurs du droit à la vie d'un côté, massivement rassemblés, et dont les cris de joie et les feux d'artifice ont éclaté après le vote.
De l’autre côté, les partisans du meurtre de l’enfant à naître, les mines dépitées, brandissant des foulards verts, symboles de leurs revendications pour un avortement légal, libre et gratuit. Parmi ces derniers, certains pleuraient le refus du Sénat, d'autres ont incendié des palettes contre une des deux rangées de grilles séparant les deux camps, et ils ont lancé des pierres sur les policiers anti-émeute. Quelques drapeaux rouges trahissaient la véritable fibre de ces militants.
Le 14 juin, à la Chambre des députés, le texte avait été adopté de justesse par 129 voix contre 125. Le Sénat est réputé plus conservateur, car chacune des 24 provinces dispose de trois représentants, quelle que soit son importance démographique. Ainsi, la capitale et la province de Buenos Aires, plus favorables à l’avortement, ne sont pas sur-représentées alors qu’elles abritent plus du tiers de la population du pays.
Le non l’ayant emporté, il faudra probablement attendre 2020 avant que la question de l’avortement puisse de nouveau être examinée par le Parlement. Sauf si les progressistes décident de bousculer les règles du jeu en provoquant un référendum, comme un député de la coalition gouvernementale Cambiemos - « Changeons » - en a évoqué la possibilité.
De son côté, le président Mauricio Macri a d’ores et déjà annoncé son intention de dépénaliser l’avortement à l’occasion de la prochaine révision du Code pénal. Les partisans de la culture de mort n’ont pas dit leur dernier mot.
(Sources : RTL/Le Figaro/Le Monde - FSSPX.Actualités)
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