Le Canada criminalise les thérapies de conversion

Source: FSSPX Actualités

Mary Simon, gouverneur général du Canada

Le parlement canadien vient d’approuver à l’unanimité le projet de loi visant à interdire toute pratique cherchant à modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne, connue sous le nom de « thérapies de conversion ».

Depuis le 8 décembre 2021, les thérapies de conversion sont devenues illégales au pays de l’érable : apposant dans la foulée sa signature au projet de loi voté à l’unanimité par le Parlement, le gouverneur général Mary Simon – qui représente l’autorité de la Reine Elisabeth II dans cette partie du Commonwealth – ne cachait pas son émotion, évoquant une « étape cruciale ».

Un vote dont le caractère unanime a de quoi étonner, étant donné que les conservateurs s’étaient, au début de l’année 2021, prononcés contre le projet.

Leo Housakos, sénateur, membre du Parti conservateur du Canada (PCC) a expliqué sur Twitter les raisons de ce volte-face : « le gouvernement Trudeau utilise les Canadiens LGBT comme des pions politiques et la thérapie de conversion comme une arme politique depuis trop longtemps ».

Est-ce à dire que se rendre aux sirènes du politiquement correct suffirait à désarmer les chantres du progressisme ? De quoi laisser perplexe…

En tout cas, le premier ministre canadien n’a pas tarder à se féliciter : « l’ignoble et dégradante pratique de la thérapie de conversion est enfin bannie de notre pays », jubile Justin Trudeau sur les réseaux sociaux.

Désormais la loi canadienne expose à des peines de cinq ans de prison toute « pratique cherchant à changer l’orientation sexuelle d’une personne en hétérosexuelle, ou l’identité de genre en cisgenre ».

Dans l’Hexagone, suivra-t-on le même chemin ? Très probablement, car le 7 décembre dernier, à la suite de l’Assemblée nationale, le Sénat français a voté, à 305 voix contre 28, en faveur de la création d’un délit sanctionnant les « thérapeutes » prétendant « guérir » une personne de son homosexualité.

Contre l’avis du gouvernement, les sénateurs ont toutefois apporté une modification au texte adopté par les députés, en précisant que ne doivent pas être incriminées les personnes tenant des propos répétés visant à inciter à la prudence avant d’engager un parcours médical de changement de sexe.

Car, du côté de plusieurs associations catholiques, on s’inquiète : le fait de proposer un accompagnement spirituel prônant la chasteté à des personnes homosexuelles, sera-t-il bientôt passible de poursuites judiciaires ?

Un prêtre qui accepterait d’aider de telles personnes se posant des questions sur leur comportement, tentant d’apporter des réponses à la lumière de l’enseignement de l’Eglise, tomberait-il sous le coup de la loi ? Au risque d’entrainer des condamnations injustes.

Ce qui est certain, c’est que depuis septembre 2021, la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) , organe de lutte contre les dérives sectaires rattaché au ministère de l’intérieur, a clairement inscrit les thérapies de conversion au rayon des « dérives sectaires » : un signal fort, et une victoire pour les groupes se réclamant de la mouvance LGBT. Une de plus.