Le cardinal Arinze en faveur du latin

 

Au cours d’une conférence donnée, en novembre dernier, aux membres de la Gateway Liturgical Conference à St-Louis, dans le Missouri (U.S.A.) et intitulée Language in the roman rite liturgy : latin and vernacular, le cardinal Francis Arinze, préfet de la Congrégation du culte divin, a défendu l’usage du latin dans l’Eglise

Les propos de cette conférence ont été repris le 20 décembre par l’agence Fides à Rome. Si « la langue n’est pas tout », elle est selon le cardinal nigérian l’un des éléments les plus importants pour de bonnes célébrations qui soient belles et riches de foi.

 Si tout le monde ne connaît pas le latin, a-t-il reconnu, les fidèles laïcs pourraient au moins apprendre les réponses les plus simples en latin. Le latin est pour beaucoup une langue morte et ignorée de la jeune génération,  mais le prélat africain estime que dans les grandes églises, où de nombreuses messes sont célébrées on pourrait faire un effort, le dimanche ou les jours de fête. « Pourquoi ne pas célébrer l’une de ces messes en latin ? », s’est-il ainsi interrogé.  « Dans les paroisses rurales, une messe latine devrait être possible, disons une fois par mois ».

 Pour le prélat, dans les assemblées internationales, « le latin devient encore plus urgent ». De l’avis du préfet du dicastère en charge de la liturgie, les séminaires devraient y prêter attention et former les prêtres à l’usage du latin.

 Le rite romain a le latin comme langue officielle, a-t-il insisté, et il serait à son avis  superficiel de considérer l’attention à la langue traditionnelle « comme quelque chose d’ésotérique, d’étrange ou de dépassé, de vieux ou de médiéval ». Et d’affirmer que dans le domaine religieux, les personnes tendent à conserver ce qu’elles ont reçu depuis les origines, la façon avec laquelle leurs prédécesseurs ont articulé leur foi et prié.

 Le cardinal Arinze a voulu démentir l’impression que le Concile Vatican II aurait découragé l’usage du latin dans la liturgie. « Il n’en est pas ainsi… Juste avant d’ouvrir le concile, le bienheureux Jean XXIII, en 1962, écrivit une Constitution apostolique pour insister sur l’usage du latin dans l’Eglise », a-t-il rappelé. « Le Concile, s’il a admis une certaine introduction de la langue vernaculaire, insista sur la place du latin », a-t-il encore ajouté.

Le latin est à ses yeux « la langue juste pour une Eglise qui est universelle, une Eglise dans laquelle tous les peuples, toutes les langues et les cultures devraient se sentir chez elles », et où personne ne doit être considéré comme étranger, a-t-il renchéri. En outre, la langue latine a une certaine stabilité que les langues parlées quotidiennement - dans lesquelles les mots changent souvent de nuance ou de sens - ne peuvent pas avoir.

 « Le latin a la caractéristique de posséder des mots et des expressions qui maintiennent leur sens de génération en génération », a insisté le cardinal Arinze. C’est un avantage quand il s’agit d’articuler la foi catholique et de préparer des documents pontificaux ou d’autres textes de l’Eglise. Et d’affirmer que le latin est concis, précis et poétiquement mesuré. « N’est-il pas admirable que des personnes, particulièrement les clercs, si bien formés, puissent se rencontrer à des réunions internationales et être capables de communiquer entre eux au moins en latin », a-t-il conclu.