Le gouvernement belge fait une concession pour la messe qui ressemble à une gifle

Après le décret du 29 novembre dernier, interdisant toutes les célébrations publiques, il semblait que Noël devrait se passer de messe dans le Royaume de Belgique. Mais le Conseil d’Etat avait été saisi par plusieurs demandes.

Des organisations juives d’Anvers ont ainsi introduit auprès du Conseil d’Etat une requête en référé. Celui-ci a livré sont verdict le 8 décembre. L’arrêt constate que l’autorité « n’a même pas prévu la possibilité d’exercer collectivement le culte, à titre exceptionnel et sous conditions ». Il considère donc qu’il s’agit d’une restriction disproportionnée du culte.

Il ordonne donc que « l’Etat belge modifie son régime d’interdiction des cultes, à tout le moins provisoirement, de sorte qu’une restriction éventuelle de l’exercice collectif du culte ne soit plus disproportionnée ». La date limite de l’exécution était fixée au 13 décembre.

Le 9 décembre, le gouvernement belge a entrepris une consultation auprès de tous les cultes exercés dans le pays. Et le vendredi 11 décembre, un nouvel arrêté ministériel du gouvernement fédéral autorisait le culte pour un maximum de 15 personnes, enfants jusqu’à l’âge de 12 ans compris… Cette mesure est applicable jusqu’au 15 janvier.

Il est précisé qu’un seule personne est admise pour 10 m2. Cette précision paraît superfétatoire, puisqu’une église de 1000 places assises ne pourra accueillir de toutes façons pas plus de 15 personnes. Alors que pour les petites églises, le nombre pourrait être réduit en fonction de la surface…

Une concession qui s’apparente à une gifle

Ce manque de prise en compte de la superficie de l’édifice – ou sa prise en compte de fait, seulement dans le sens de la diminution – a fait réagir les auteurs d’une Lettre ouverte au premier ministre, pour la liberté de culte, qui a recueilli 13.000 signatures en ligne. Dans un communiqué ils s’interrogent sur cette contradiction.

Ils se demandent si « la liberté du commerce (par exemple les grandes surfaces), la liberté de l’industrie (par exemple le secteur de la construction) et la liberté de culte ne seraient plus garanties de la même manière ? N’y-a-t-il pas discrimination de fait ? » En effet, les magasins ont réouvert depuis le 1er décembre, et la construction n’a pas été touchée par le re-confinement.

Et comment organiser une célébration de Noël, une messe de minuit, avec 15 personnes ? Comment choisir ? C’est se moquer du monde, et estimer que les Belges sont capables de se prendre en main dans un magasin, mais pas dans une église. En somme, pour le gouvernement, ce sont de bons consommateurs, mais de piètres fidèles.