Le Liban chrétien en quête de ses racines liturgiques

Source: FSSPX Actualités

Une association de catholiques libanais milite afin de réintégrer la langue syriaque dans le rite maronite de la messe, ainsi que dans les programmes scolaires des écoles catholiques. L’objectif sous-jacent est de lutter contre une islamisation croissante de la société libanaise, au risque d’une dilution de son identité. 

L’association Tur Levnon - qui signifie Mont Liban - a été fondée en mai 2017 par Amine Jules Iskandar. Elle est rattachée l’Union syriaque maronite, dont l’un des objectifs est de préserver l’héritage syriaque dans la liturgie. 

« Le syriaque a été enseigné au Liban jusqu’en 1943, date de l’indépendance du pays », rappelle Amine Jules Iskandar, qui ajoute : « lorsque les professeurs de syriaque sont partis à la retraite, l’enseignement de la langue s’est arrêté, et c’est pour cela qu’il a fallu arabiser la messe maronite ». 

Ce passage en force vers la langue l’arabe fut assez complexe, étant donné que toutes les prières récitées lors de la messe - et ce depuis plus de 1300 ans - se faisaient en syriaque. « L’arabe ne disposait pas de la terminologie nécessaire ni de l’esprit des prières. Il a fallu préserver des mots syriaques en les arabisant, surtout pour les termes en syriaque qui n’avaient pas d’équivalent en arabe », explique le fondateur de Tur Levnon. 

Selon lui, revenir au syriaque ne causerait pas de difficulté, car « la langue syriaque, née d’une rencontre entre le grec et l’araméen dans une région cananéenne très hellénisée, est très facile à apprendre et à pratiquer ». 

La réhabilitation du syriaque est aussi un moyen de maintenir en vie l’identité du Liban maronite. Celui-ci doit faire face au déclin démographique de la population chrétienne, dû en grande partie aux guerres et aux exils, mais aussi à l’arrivée des Palestiniens, à la croissance de la population chiite et à l’afflux des populations venues de Syrie, le puissant voisant qui exerce depuis longtemps une influence politique prépondérante.