Le nouveau Code de droit canonique voulu par Vatican II
Cardinal Francesco Coccopalmerio.
Le 25 janvier 2013, 30 ans jour pour jour après la publication du nouveau Code de droit canonique, 400 canonistes se sont réunis au Vatican pour une journée d´étude intitulée "Le Code, une réforme voulue et requise par le Concile Vatican II".
Le 22 janvier, le cardinal Francesco Coccopalmerio, président du Conseil pontifical pour les textes législatifs, avait expliqué le lien étroit qui existe entre le Code promulgué par Jean-Paul II, en janvier 1983 et le concile Vatican II.
Il a tout d’abord rappelé que Jean XXIII avait clairement à l'esprit une révision du Code de 1917 qui exprimerait l'ecclésiologie issue d'assises mondiales et œcuméniques. Puis le prélat a affirmé : « Le cadre ecclésiologique conciliaire, selon Jean-Paul II, exigeait une reformulation des lois... Le motif de cette étroite relation fut souligné par ce pape dans le préambule de la constitution apostolique Sacrae Disciplinae Leges » lorsqu'il écrivit que le Code de 1983 « était en quelque sorte un complément de Vatican II, un double complément : le Code prenait acte du Concile en en proposant les institutions et innovations principales, tout en fixant les normes de sa mise en application ».
Le cardinal Coccopalmerio a ensuite donné plusieurs exemples des innovations conciliaires qui s´étaient retrouvées dans le nouveau Code de droit canonique : « Tout d'abord dans la doctrine sur l'épiscopat et dans le rapport épiscopat-primat, c'est-à-dire en matière de collégialité. Il ne s'agit pas d'une nouveauté absolue dans la conscience ecclésiale », a-t-il tenu à préciser, « mais d'une heureuse redécouverte ».
« La collégialité épiscopale est clairement exposée aux canons 330 à 341, et complétée par l'institution du Synode des évêques qui la met en place par les canons 342-348 ». Un second exemple est « la doctrine conciliaire relative au laïcat et à la mission spécifique des fidèles dans la vie de l'Eglise. Ici aussi, on est en présence d'une redécouverte », a-t-il tenu à rassurer. « Aux canons 224 à 231, le code canonique rénové re-propose la doctrine en l'actualisant par une série de normes » relative au conseil pastoral diocésain et paroissial, « deux structures qui permettent la participation effective des laïcs aux décisions de l'évêque et du curé ».
Un troisième exemple figure dans la conception de la paroisse offerte par le Concile et fixée par le Code, comme communauté de fidèles et non plus simplement comme territoire. « Ceci représente une grande innovation conciliaire par rapport à la vision précédente », a reconnu la cardinal Coccopalmerio, citant un autre exemple d'innovation de Vatican II, sans précédent dans la tradition, une nouveauté d’ordre œcuménique se fondant sur les documents conciliaires Lumen Gentium, Orientalium Ecclesiarum et Unitatis Redintegratio qui contiennent la doctrine de la communion ecclésiale imparfaite, mais présente et réelle dans le lien de l'Eglise catholique avec les autres églises et communautés non catholiques.
« Ceci représente une nouveauté d'immense portée qui est, elle aussi, fixée par le nouveau Code canonique », c’est elle qui permet, « dans des conditions précises, d'admettre aux sacrements de l'Eglise des non catholiques ». – Cette déclaration du cardinal Coccopalmerio a le mérite de la clarté : dans le nouveau Code de 1983 se trouve, entre autres, cette innovation conciliaire qui autorise « l’hospitalité eucharistique » que le précédent Code interdisait et sanctionnait comme « communicatio in sacris ». Dont acte.
(Sources : VIS/Apic/IMedia – DICI n°269 du 01/02/13)