Le nouveau Conseil pontifical pour la ré-évangélisation des pays déchristianisés
Mgr Salvatore Fisichella
Le 12 octobre, a été publié le Motu Proprio Ubicumque et semper de Benoît XVI créant officiellement le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation qui avait été annoncé le 28 juin dernier. Ce 12e conseil pontifical de la curie romaine entend promouvoir un « élan missionnaire » de l´Eglise catholique dans les régions en proie à la sécularisation.
Dans ce texte, le pape relève la prise de distance toujours plus claire de l´ensemble de la société vis-à-vis de la foi et l´apparition de régions presque complètement déchristianisées. « Ces territoires qui auraient besoin d´une nouvelle première annonce de l´Evangile, note-t-il, semblent être particulièrement réfractaires à de nombreux aspects du message chrétien ». Le souverain pontife constate par ailleurs une perte du sens du sacré et déplore « le désert intérieur qui naît là où l´homme, en voulant être l´unique artisan de sa nature et de son destin, se retrouve privé de ce qui constitue le fondement de toutes choses ». Benoît XVI affirme qu´il est « opportun d´offrir des réponses adéquates pour que toute l´Eglise (...) se présente au monde contemporain avec un élan missionnaire en mesure de promouvoir une nouvelle évangélisation », en particulier pour les Eglises de création ancienne.
Dans la dernière partie du Motu Proprio, Benoît XVI distingue, parmi les tâches spécifiques de ce nouveau dicastère, la nécessité d´« approfondir le sens théologique et pastoral de la nouvelle évangélisation », le besoin de « promouvoir et favoriser, en étroite collaboration avec les conférences épiscopales intéressées qui pourront avoir un organisme ad hoc, l´étude, la diffusion et l´application du Magistère pontifical concernant les thématiques liées à la nouvelle évangélisation ».
Le pape souhaite également « faire connaître et encourager des initiatives liées à la nouvelle évangélisation déjà en cours dans les différentes Eglises particulières et promouvoir la réalisation de nouvelles initiatives, en impliquant activement les ressources présentes dans les instituts de vie consacrée, ainsi que dans les groupes de fidèles et les communautés nouvelles ». Il souhaite enfin que le nouveau dicastère puisse étudier et favoriser l´usage des moyens de communication modernes et fasse en sorte de promouvoir l´utilisation du Catéchisme de l´Eglise catholique.
Outre son président, Mgr Salvatore Fisichella, nommé par le pape le 30 juin dernier, le nouveau dicastère sera doté d´un secrétaire et d´un sous-secrétaire dont les noms ne sont pas encore connus. Présentant à la presse le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, le jour de sa création officielle, Mgr Fisichella a souhaité que ce nouveau dicastère puisse collaborer avec les autres organismes de la curie romaine. Il a aussi appelé de ses vœux une coopération avec les autres confessions chrétiennes pour lutter contre le sécularisme.
Jugeant illusoire de « penser que la nouvelle évangélisation se fasse de façon autonome puisqu´elle coupe transversalement la vie et l´action de l´Eglise », le prélat interrogé par I.Media a appelé à une collaboration dans la complémentarité des compétences avec les conseils pontificaux pour la culture, la famille, les communications sociales, les laïcs et l´unité des chrétiens. De fait, avant l´annonce par le pape de son souhait de créer un dicastère en charge d´une nouvelle évangélisation, certains membres de la curie s´étaient inquiétés d´un possible empiètement sur leur domaine de compétence.
Quant au risque spécifique de chevauchement des compétences avec la Congrégation pour l´évangélisation des peuples, Mgr Fisichella a considéré que cette dernière avait pour compétence « la première annonce, la mission tout court ». En revanche, a-t-il précisé, la compétence du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation concerne « majoritairement les Eglises d´ancienne tradition qui vivent le phénomène de la sécularisation, même si elle concerne toute l´Eglise ». Et de préciser : « La culture de déchristianisation et le sécularisme touchent l´Eglise catholique autant que les Eglises orthodoxes ou celles nées de la Réforme, chez qui les problèmes sont les mêmes qu´au sein de l´Eglise catholique », c’est pourquoi le prélat romain n’hésite pas à demander largement « de l´aide à ceux qui ont des idées (...), des contributions pour partir du bon pied ».
Le 24 octobre, lors de la messe de conclusion du Synode pour le Moyen-Orient dans la basilique Saint-Pierre, Benoît XVI a annoncé la tenue d´un Synode en 2012 sur « la nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne ». « Au cours des travaux de l´Assemblée, a fait remarquer le pape, on a souvent souligné la nécessité de proposer à nouveau l´Evangile aux personnes qui le connaissent peu, voire qui se sont éloignées de l´Eglise ». « Le besoin urgent d´une nouvelle évangélisation, même pour le Moyen-Orient, a souvent été évoqué », a ajouté Benoît XVI, précisant qu´« il s´agit d´un thème très répandu, surtout dans les pays qui ont une christianisation ancienne ».
L’annonce de ce synode, à la suite de la création du Conseil pour la nouvelle évangélisation, montre bien à quel point le pape tient à cette question. Ce que Mgr Fisichella a tenu à souligner sur les ondes de Radio Vatican, le 25 octobre, en affirmant que le moment était venu de « donner une réponse positive » à la sécularisation, qui ne touche pas seulement l´Eglise, mais aussi la culture.
Le 12 novembre, dans la salle Bologne du Palais apostolique, les chefs de dicastère de la curie romaine se sont réunis autour de Benoît XVI pour « évoquer la coordination entre les dicastères et leur collaboration avec le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation », a indiqué le père Ciro Benedettini, vice-directeur du Bureau de presse du Saint-Siège. (Sources : VIS/Apic/Imedia/Zenit/RadioVatican – DICI n° 227 du 18/12/10)