Le nouveau visage de l’Eglise de France
La Conférence des évêques de France réunie à Lourdes s’est donnée le 3 avril 2019 un nouveau président, en la personne de Mgr Eric de Moulins-Beaufort, actuel archevêque de Reims. Le prélat, élu à la majorité des deux-tiers, prendra ses fonctions au début de l’été.
Agé de cinquante-sept ans, le nouveau président de la Conférence des évêques de France succède à Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille. Mgr de Moulins-Beaufort est docteur en théologie, diplômé d’économie et de Sciences-Po ; il a exercé les fonctions d’aumônier du collège Montaigne et du lycée Louis-le-Grand à Paris, avant de diriger le séminaire de la capitale française et d’enseigner à la faculté de théologie Notre-Dame.
Secrétaire particulier du cardinal André Vingt-Trois, avant de devenir évêque auxiliaire de Paris durant dix ans puis archevêque de Reims en 2018, le nouveau président de la Conférence des évêques aura peu de répit dans les mois qui viennent.
Car les chantiers ne manquent pas dans une Eglise de France dont l’image a été ternie par les abus sur mineurs surmédiatisés, sans parler de la diminution du nombre de prêtres et de la sécularisation aussi croissante qu’inquiétante d’une institution religieuse qui ne s’est décidément pas remise de l’âge de glace post-conciliaire.
La ville de saint Rémi accueille une mosquée
Dernier fait en date : le 14 mars dernier, l’archevêque de Reims assistait à l’inauguration officielle de la grande mosquée El Hidaya de Reims, dans le quartier Sainte-Anne, financée notamment par des donateurs du Koweït et du Qatar.
Le lendemain, il disait sa joie d’avoir participé à cet événement en publiant le texte de son allocution. Il déclare aux musulmans : « Avec moi, les catholiques de Reims se réjouissent que vous puissiez en ce lieu enfin achevé louer le Dieu créateur et miséricordieux, Lui confier vos joies et vos peines, vos espoirs et vos projets, dilater votre cœur pour qu’il soit purifié de tout sentiment mauvais et plein de force pour aller vers les autres avec paix et confiance. Les uns et les autres nous voulons être des chercheurs de Dieu et mettre en œuvre Sa volonté sainte et bienfaisante, car nous reconnaissons en Lui l’Ami des hommes par excellence, Celui qui ne nous laisse pas dans nos médiocrités mais nous élargit toujours ».
Que le successeur de saint Rémi s’adresse aux musulmans en leur parlant comme s’ils adoraient le même Dieu créateur et miséricordieux que le Dieu des chrétiens, et comme s’ils accomplissaient sa sainte volonté qui ne peut être que celle du Père qui a parlé par son Fils au temps convenable – c'est-à-dire au moment de l’Incarnation – voilà qui ne pouvait manquer, en entretenant confusion et ambiguïté, de susciter le scandale des catholiques. D’autant que « l’Ami des hommes par excellence » n’est autre que Jésus-Christ : « Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j'ai appris de mon Père » (Jn 15, 15).
Les explications du successeur de saint Rémi
Devant la vive réaction des fidèles catholiques, Mgr de Moulins-Beaufort s’est défendu en avançant plusieurs arguments, en particulier qu’il était réjouissant que les musulmans puissent prier dans des lieux dignes en France, « comme il est réjouissant que les chrétiens puissent le faire au Bahreïn ou aux Emirats Arabes Unis, par exemple, et comme il faudrait qu’ils puissent le faire en Arabie Saoudite. » Une chose est de se réjouir que le christianisme puisse se répandre chez les infidèles, autre chose que les infidèles puissent se répandre chez les chrétiens ! Par ailleurs, pour quelques lieux concédés dans les terres d’Islam pour faire illusion, combien de mosquées construites en France, avec l'encouragement des autorités civiles et des pasteurs complices ?
Pour se défendre, Mgr de Moulins-Beaufort a également publié une profession de foi « en Dieu Un et Trine, dans le mystère de l’Incarnation et de la Rédemption par le Christ crucifié et ressuscité, dans le salut par la sanctification et la divinisation, sont les trésors précieux des chrétiens. Rien ni personne ne peut nous les ôter. Ils sont ce dont les êtres humains ont le plus besoin. Mais la vérité de la foi chrétienne est si grande et si forte qu’elle n’a pas besoin de mépriser les autres religions. Le Christ élevé de terre attire à lui tous les hommes, etc. »
Pourquoi cette fausse dialectique entre vérité et mépris, synonyme d’arrogance et de dédain, alors que la vérité ne s’oppose qu’à l’erreur ? Si vraiment le Christ est Seigneur et qu’il doit attirer tout à Lui, pourquoi encourager les musulmans à louer un autre Dieu ou à suivre les préceptes d’une religion qui, fondamentalement, rejette et méprise le Fils de Dieu incarné, ses enseignements et ses commandements, ses sacrements et son œuvre rédemptrice ?
Mgr de Moulins-Beaufort achève sa justification en ne cachant pas son admiration pour la pratique religieuse des musulmans : « J’aimerais que les hommes catholiques inquiets de la présence de l’islam dans notre pays soient aussi assidus à la messe ou à l’adoration eucharistique que les hommes que j’ai vus à la mosquée un jeudi soir à l’heure de la prière ». La leçon mérite d’être entendue. Encore faudrait-il proposer une liturgie digne de ce nom, plutôt que des rassemblements indigents qui n’en finissent pas de vider les églises depuis cinquante ans, en faisant perdre la foi au nom d’un dialogue illusoire et factice.
La grande mosquée de Reims est située dans le quartier Sainte-Anne, chaussée Saint-Martin, à 500 mètres de la basilique Sainte-Clothilde. Dans la ville de saint Rémi qui fut celle du sacre des rois très chrétiens, c’est tout un symbole. Pour lequel il n’y a pas lieu de se réjouir.
(Sources : Le Figaro/Le Point/La Croix - FSSPX.Actualités - 06/04/2019)
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