Le P. Arturo Sosa Abascal élu Supérieur général des Jésuites

Source: FSSPX Actualités

Le jésuite vénézuélien Arturo Sosa Abascal a été élu 31e Supérieur général de la Compagnie de Jésus, le 14 octobre 2016 à Rome, au terme de la 36e congrégation générale des Jésuites. A 67 ans, il remplace le P. Adolpho Nicolás, en poste depuis 2008.

 

 

Il était déjà, depuis 2014, conseiller de l’ancien Supérieur général en charge « des maisons et des œuvres interprovinciales » de la Compagnie de Jésus à Rome. Ancien Supérieur provincial au Vénézuela (1996-2004), il y fut aussi recteur de l’Université catholique de Táchira.

Parlant plusieurs langues, docteur en sciences politiques, le P. Sosa Abascal a également été professeur à la Georgetown University de Washington (Etats-Unis). Il est l’auteur d’une dizaine de livres sur la démocratie et la dictature au Vénézuela au XXe siècle, sur « le colonialisme et l’émancipation » dans son pays. Elu par 217 électeurs issus de 66 pays, il est le premier latino-américain à la tête de son ordre.

Commentant cette élection le 21 octobre, le site Aleteia écrit qu’elle « ne fait que représenter la nouvelle dynamique démographique de la Compagnie de Jésus, qui puise de plus en plus ses novices dans le ‘Sud’. » Et de préciser qu’« en outre, le P. Sosa Abascal entretenait d’excellentes relations avec son prédécesseur. »

Le 16 octobre, le quotidien français La Croix le décrit comme un « spécialiste reconnu des questions sociales et politiques » qui « n’en est jamais resté à la théorie », ajoutant même qu’il s’est « fortement engagé politiquement à gauche ». Et de citer la presse vénézuélienne, qui affirme qu’il a « défendu en 1992 les deux coups d’Etat d’Hugo Chavez » avant de s’en éloigner, « à la décennie suivante, à cause des atteintes aux droits de l’homme. »

De son côté, le site américain Rorate Cæli a publié, le 19 octobre, un portrait très politique du nouveau supérieur général de la Société de Jésus. Traduit par Reinformation.tv, l’auteur vénézuélien de l’article affirme que le P. Sosa Abascal « fait du marxisme la grille de lecture à travers laquelle il voit tout, y compris le magistère catholique ».

Sandro Magister affirme sur son blog, le 16 octobre, que, si le P. Sosa Abascal a bien écrit en 1978 qu'une « médiation marxiste de la foi chrétienne » était non seulement « légitime », mais « nécessaire », il est toutefois « difficile de dire lesquelles, parmi les thèses auxquelles il souscrivait alors, le P. Sosa soutiendrait encore aujourd'hui. » Néanmoins, le vaticaniste romain concède qu’il est frappant « que les Jésuites aient élu pour supérieur général un de leurs confrères qui toute sa vie a écrit et discuté uniquement sur la politique et les sciences sociales. »

(Sources : apic/reinformation.tv/roratecaeli/lacroix/aleteia – DICI n°344 du 11/11/16)