Le pape accélère l’ouverture du procès de béatification de sœur Lucie

 

Le pape Benoît XVI a décidé d’accélérer l’ouverture de la cause de béatification et de canonisation de sœur Lucia dos Santos (1907-2005), l’une des trois témoins des apparitions de la Vierge à Fatima (Portugal) en 1917.

 Dans un communiqué publié le 13 février 2008 en fin d’après-midi, la Congrégation pour les causes des saints a ainsi annoncé que le pape avait choisi de suspendre le délai obligatoire de cinq ans habituellement requis après la mort d’un serviteur de Dieu pour l’ouverture de sa cause. La voyante portugaise est décédée le 13 février 2005, à l’âge de 97 ans.

 Trois ans jour pour jour après la mort de sœur Lucie, le cardinal José Saraiva Martins a célébré la messe à Coimbra (Portugal) où elle a vécu de 1948 à 2005. Au terme de la messe, le cardinal portugais a annoncé que Benoît XVI avait décidé « la dispense des deux années manquantes pour ouvrir la cause de sœur Lucia dos Santos ».

 Seul le pape a la possibilité de lever le délai de cinq ans avant l’ouverture d’une cause, un délai voulu par Jean-Paul II dans la Constitution apostolique Divinus perfectionis Magister publiée en 1983. A ce jour, deux autres cas ont bénéficié d’une telle dispense : Mère Teresa de Calcutta (1910-1997) en décembre 1998 (14 mois après sa mort) et Jean Paul II en mai 2005 (un mois seulement après sa mort).
 
L’évêque de Leira-Fatima, Mgr Antonio Augusto dos Santos Marto, a confié sa « joie » au micro de Radio Vatican : « Je parle en mon nom personnel mais aussi du sanctuaire et des pèlerins, a déclaré l’évêque portugais. La nouvelle et la nouveauté de l’annonce venue du Vatican sur la dispense du temps canonique pour commencer le procès de béatification de soeur Lucie a été accueillie par nous tous avec joie et avec gratitude vis à vis du Saint-Père. C’est la reconnaissance de la signification de la sainteté d’un témoin des apparitions et du message de Fatima, qui a vécu en premier cette sainteté à laquelle appelle le message même de Fatima. Pour nous, cela a vraiment été une joie : nous sommes contents justement parce que l’importance du message de Fatima aussi est mise en relief ».

Pour ce qui est de la personnalité spirituelle de soeur Lucie, l’évêque de Coimbra précise : « soeur Lucie a été un témoin et une mémoire vivante du message de Fatima pendant presque un siècle : elle est morte à 97 ans. Sa vertu principale est qu’elle-même a cherché à vivre le message dans sa simplicité. Surtout, elle est une amoureuse de la beauté de Dieu, comme on peut le lire dans ses mémoires et dans l’exemple de sa vie. Elle a vécu avec simplicité et en même temps avec la joie de qui est amoureux de Dieu, et en cela, elle a été contagieuse, parce que le peuple l’a senti et c’est pour cela qu’il accourait pour la voir, l’entendre, lorsque c’était possible. On l’a vu lorsque l’on a célébré ses funérailles à Coimbra : une multitude de fidèles l’a accompagnée. Cette sainteté si simple, populaire parce qu’accessible à tous, dont elle a témoigné, et les méditations qu’elle nous a laissées dans ses livres, font voir la transparence de son âme, de son cœur, qui a cherché à communiquer avec les fidèles ».

Pour ce qui concerne le message de Fatima, l’évêque portugais ajoute : « Ce qui frappe dans le message, à première vue, c’est qu’il n’est pas limité seulement à la vie personnelle des voyants, mais son horizon est universel. Il se réfère aux événements les plus dramatiques et les plus tragiques de l’histoire du XXe siècle, aux souffrances de l’humanité et aussi de l’Eglise, des martyrs du XXe siècle et à la cause de la paix. Le cœur du message est la conversion au sens le plus théologal, et aussi au sens le plus global. C’est un appel à porter l’adoration de Dieu dans son mystère d’amour trinitaire au centre de la vie de l’Eglise et du monde. Puis un appel à la conversion des cœurs vers ce Dieu d’amour, et à la réparation, selon le langage de l’époque (sic), dont la signification est profondément actuelle parce que c’est un appel à ce que les fidèles ne se résignent pas à la banalité et à la fatalité du mal dans le monde, et donc à se sentir appelés à réparer, c’est-à-dire à renouveler leur vie et le monde, à commencer par le renouveau des cœurs. Pour moi, c’est un message de consolation, de miséricorde, et aussi d’une grande espérance, pour l’Eglise et pour le monde ».

 NDLR : On remarquera que dans la bouche de l’évêque de Fatima, réparation est synonyme de renouvellement des cœurs, de la vie et du monde, ce qui est un fruit de la réparation de l’offense faite à Dieu par le péché. Or on ne peut obtenir l’effet que si l’on n’envisage clairement la cause : la réparation de nos péchés et de ceux qui se commettent dans le monde. A ce compte, le message de Fatima ne serait plus une invitation à la prière et à la pénitence (selon le langage de l’époque !), mais une incitation à la prière et au renouvellement des cœurs, de la vie et du monde. Fallait-il alors montrer aux trois petits bergers la réalité de l’enfer où conduit le péché ?

(Sources : VIS/Zenit/Apic)