Le pape critique "les manipulations idéologiques" des organisations internationales

 

 Pour Benoît XVI, « les discussions internationales semblent caractérisées par une logique relativiste qui voudrait considérer le refus d’admettre la vérité sur l’homme et sur sa dignité comme seule garantie d’une coexistence pacifique entre les peuples ». Et cela, « sans rien dire sur la possibilité d’une éthique fondée sur la reconnaissance de la loi morale ». « Les fruits amers de cette logique relativiste sont malheureusement évidents », a-t-il poursuivi. « Nous pensons, par exemple, à la tentative de considérer comme un droit de l’homme les conséquences de certains styles de vie égoïstes, le manque de préoccupation pour les besoins économiques et sociaux des nations les plus pauvres, le mépris pour la loi humanitaire et la défense sélective des droits de l’homme ». « Tout cela conduit, en réalité, à l’imposition d’une notion de la loi et de la politique qui en définitive établit un consensus entre les Etats, certes. Mais il s’agit d’un consensus conditionné par des intérêts à court terme ou manipulés par des pressions idéologiques ». Ce type de consensus est « considéré comme l’unique et véritable fondement des normes internationales », a-t-il déploré.

 Benoît XVI a invité les ONG catholiques « à combattre le relativisme », et cela « de manière créative, en présentant les grandes vérités sur la dignité fondamentale de l’homme et les droits qui en découlent ». Pour le pape, il faut « les promouvoir comme un ensemble de principes éthiques qui par leur nature et leur rôle fondamental ne sont pas négociables ».

 Alors que la presse italienne reprenait ces propos, les qualifiant d’« attaque du pape contre l’ONU », le père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, a tenu à préciser que le souverain pontife avait affirmé textuellement : « Souvent, le débat international apparaît marqué par une logique relativiste » ; mais qu’il n’avait pas, comme quelqu’un l’a écrit « attaqué l’ONU » ou dit qu’elle était « dominée » par le relativisme moral. « Benoît XVI, comme ses prédécesseurs, a ajouté le porte-parole du Vatican, est tout à fait conscient de l’importance des Nations Unies pour la paix, et la défense des droits humains, au point qu’il a accepté volontiers l’invitation à se rendre, l’an prochain, en visite au Palais de Verre de New York ».

 Benoît XVI prendra la parole à la tribune de l’ONU le 18 avril 2008. - Paul VI s’y est rendu en 1965, lançant du haut de la tribune : « Plus jamais la guerre ! ». Jean-Paul II y a prononcé deux discours, en 1979 et en 1995.

En mars 2006, Benoît XVI avait invité les représentants du Saint-Siège auprès des organismes internationaux à « participer avec autorité à la responsabilité prophétique de l’Eglise, cette dernière entendant continuer à élever sa voix pour défendre l’homme, même si la politique des Etats ou la majorité de l’opinion publique avancent dans un sens contraire ».

 Mgr Pietro Parolin, sous-secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, a expliqué que le souhait du Vatican, en réunissant ainsi les ONG catholiques, était de créer un groupe de pression permanent soutenant la politique et les initiatives du Saint-Siège et de l’Eglise catholique sur la scène internationale, essentiellement en matière de droits de l’homme, de liberté religieuse et de respect de la vie.  (sources : Apic/Imedia/Zenit)