Le pape invite à prier pour le dialogue avec les orthodoxes

Source: FSSPX Actualités

Benoît XVI, lors de l´audience générale du 22 septembre, a exhorté les fidèles à « prier intensément » pour les travaux de la 12e réunion de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l´Eglise catholique et les orthodoxes.

Réunis en session plénière du 20 au 27 septembre à Vienne (Autriche), catholiques et orthodoxes se sont penchés sur la question controversée du « rôle de l´évêque de Rome » en se référant particulièrement au premier millénaire de l’Eglise catholique, c’est-à-dire avant le schisme de 1054. Aussi le pape a-t-il demandé aux fidèles de « prier intensément » pour les travaux de cette assemblée, et également pour « un développement continu et la consolidation de la paix », permettant de « donner au monde un témoignage évangélique toujours plus authentique ».

Considérant les « grands défis qui se présentent aujourd´hui au christianisme », le pape a appelé « à travailler sérieusement en vue du rétablissement de la pleine communion entre les Eglises ». En octobre 2007, à Ravenne (Italie), les deux confessions avaient commencé à s´accorder sur cette question délicate de la primauté du pape. La délégation du Patriarcat de Moscou avait cependant quitté la table des négociations dès le 2e jour de la rencontre, essentiellement pour des problèmes internes aux églises orthodoxes.

Les discussions avaient repris, mais la publication prématurée dans la presse italienne d´un texte commun après la rencontre de Paphos (Chypre), en octobre 2009, a montré les limites de ce dialogue. Mgr Kurt Koch, nouveau président du Conseil pontifical pour la promotion de l´unité des chrétiens, a pris part pour la première fois à cette réunion en tant que co-président de la commission. Lors de la dernière réunion, à Paphos, son prédécesseur, le cardinal Walter Kasper, avait confié que les deux parties avaient « fait de petits pas en avant dans la bonne direction ».

Commentaire : Il n’est pas inutile de rappeler ici les points d’opposition entre le catholicisme et l’orthodoxie, et l’on verra qu’ils sont loin d’être mineurs, comme le soulignait le philosophe français Louis Jugnet dans Orthodoxie gréco-russe et théologie occidentale (1946) : le Filioque et l’Immaculée Conception, des ambiguïtés sur la transsubstantiation, des silences sur le purgatoire, sur les indulgences, sur le nombre des sacrements, un « apophatisme » (d’apophasis : négation) qui méconnaît la connaissance que nous pouvons acquérir des réalités divines…, sans parler d’une opposition farouche à Rome, en particulier vis-à-vis de la juridiction universelle du successeur de Pierre et du dogme de l’infaillibilité pontificale. Ce qui lui faisait donner ce conseil aux catholiques : « Tenons-nous fermement en garde devant une pensée qui rabaisse exagérément notre connaissance de Dieu, qui repousse le progrès dogmatique, qui erre très réellement sur des points doctrinaux importants, et manifeste beaucoup de mauvais vouloir à la romanité ». 

(Sources : apic/ imedia/VIS - DICI n°223 du 16/10/10)