Le Pape reçoit une délégation orthodoxe grecque.

 

Ce lundi 11 mars 2002, le pape Jean-Paul II recevait une délégation orthodoxe de l’archevêché d’Athènes. « L’heure de la collaboration a sonné », a-t-il déclaré.

L’Eglise orthodoxe grecque n’avait pas envoyé de représentant à Assise, le 24 janvier dernier, lors de la rencontre des religions pour la paix, présidée par le pape Jean-Paul II. Souhaitant garder ses distances, elle a envoyé une délégation pour engager des discussions concernant des domaines périphériques de la foi : « L’envoi de la délégation de notre Eglise dans l’Eglise de Rome vise à créer un pont de communication, de réconciliation et de confiance entre nous dans l’Union Européenne, afin que notre témoignage de chrétiens soit plus intense, plus crédible et plus efficace dans une société qui est sur le point de perdre les valeurs traditionnelles de la foi dans le Christ Rédempteur. Sans nier les réalités dogmatiques et doctrinales qui nous séparent et empêchent notre oratio communis et la communio in sacris, nous sommes malgré tout en mesure de travailler ensemble dans le domaine social, culturel, éducatif, écologique, de la bioéthique, pour le bien de l’Humanité » a déclaré l’archevêque orthodoxe d’Athènes, Christodoulos, dans une lettre visant à expliquer l’envoi de la délégation orthodoxe.

Au cours de sa rencontre avec le pape, le chef de la délégation orthodoxe, le métropolite Panteleimon a reconnu que « dans le passé, des situations et des mésaventures historiques ont créé, non sans raison, dans une grande partie de notre peuple et de notre Clergé et surtout chez nos moines, un climat de méfiance et de soupçon envers la chrétienté de l’Occident. A l’aube du XXIème siècle, il est de notre devoir de revenir au cheminement commun des dix premiers siècles. Cela ne sera pas facile ! Il ne sera pas facile d’oublier dix siècles de séparation, caractérisés par nombre d’erreurs et d’amertumes. Il nous faudra faire des efforts, il nous faudra lutter, et surtout prier ardemment. Pour atteindre ce but, nous sollicitons votre compréhension et votre aide efficace et sincère », a-t-il déclaré.

De son côté, le pape Jean-Paul II a proposé à ses hôtes grecs, conduits par le métropolite de Attikis, Panteleimon, de marcher ensemble vers « l’œcuménisme de la sainteté, qui nous conduira enfin, avec l’aide de Dieu, vers la pleine communion qui ne signifie ni absorption ni fusion, mais une rencontre dans la vérité et dans l’amour ». Lors de sa visite à Athènes, le 4 mai 2001, Jean-Paul II avait demandé pardon à Dieu « pour toutes les occasions passées et présentes où des fils et des filles de l’Eglise catholique ont péché par action ou par omission contre leurs frères et sœurs orthodoxes ».