Le pâtissier du Colorado ne veut pas être roulé dans la farine

Jack Phillips.

L’affaire éclate le 19 juillet 2012 : au nom de ses convictions religieuses, Jack Phillips - pâtissier de confession évangélique dans le Colorado - avait refusé de prendre la commande de deux hommes sur le point de contracter une union civile.

Dans cet Etat des Rocheuses, le « mariage homosexuel » – désormais légal dans tout le pays, depuis un arrêt de la Cour suprême datant de 2015 – était illégal en 2012, et l’union devait être célébrée dans le Massachusetts.

Face à ce refus, le couple homosexuel a porté plainte, sur le fondement d’une loi du Colorado interdisant toute discrimination dans les commerces. La justice leur a donné raison, et la décision fut confirmée en appel.

L’affaire est remontée jusqu’à la Cour suprême, qui a entendu le pâtissier le 5 novembre 2017.

Pour espérer l’emporter, la défense présente son client comme le défenseur de la liberté d’expression, droit protégé par le premier amendement de la Constitution des Etats-Unis. Jack Phillips se considère non comme un simple pâtissier, mais comme un artiste, libre de choisir ses œuvres. Et l’argument a fait mouche.

Désormais, Jack Phillips a reçu le soutien d’une vingtaine d’Etats américains, de dizaines d’élus du Congrès et de nombreux groupes chrétiens. Il a même rallié à sa cause le gouvernement de Donald Trump.

Cette affaire est emblématique du rôle central que joue la Cour suprême aux Etats-Unis dans l’interprétation des lois. Le verdict est attendu en juin 2018.