Le primat d’Espagne dénonce un “totalitarisme” gouvernemental

Le primat d’Espagne vient de dénoncer publiquement l’action, en matière d’éducation, du gouvernement présidé par le socialiste Pedro Sanchez : « ils se disent démocrates mais leur action relève du totalitarisme », écrit l’homme d’Eglise.

Mgr Francisco Cerro Chavez est archevêque de Tolède, et à ce titre primat d’Espagne. Dans un courrier publié le 17 janvier 2021, le prélat est revenu sur l’adoption récente d’une modification de la loi sur l’éducation.

« Avec un discours clairement idéologique, la ministre de l’Education a repris des sujets qu’elle présentait comme modernes et qui, pourtant, sont très anciens », souligne Mgr Cerro.

Regrettant que « les intérêts idéologiques prennent le pas sur la véritable finalité de l’éducation », l’archevêque rappelle aux gouvernants « que ce sont eux qui doivent garantir le droit des parents à éduquer leurs enfants  dans leurs propres convictions morales et religieuses ».

« Il est vraiment étonnant que ceux qui se disent démocrates et réclament la liberté agissent de manière ‘totalitaire’ dans la sphère éducative », constate le primat d’Espagne.

Appelée loi Celaa, du nom de la ministre de l’éducation Isabel Celaa, cette réforme – qui se veut un marqueur de la coalition hétéroclite de gauche et d’extrême-gauche au pouvoir – a été approuvée par le Parlement à la fin de l’année 2020.

Le principal grief de l’Eglise catholique espagnole contre la loi, consiste dans la suppression de la « demande sociale », qui consiste en la possibilité pour les écoles sous contrat d’ouvrir de nouvelles places si la demande excède ses capacités initiales.

Avec la nouvelle loi, les élèves seront automatiquement redirigés vers des écoles publiques, à moins que les parents ne fassent le choix d’une école hors contrat. Cette nouvelle disposition est donc vue comme un sérieux frein au développement de l’école libre.

« Nous vivons une crise anthropologique profonde qui se manifeste par une crise éducative : l’homme est incapable de se comprendre pleinement lui-même et le monde sans Jésus-Christ », conclut très justement Mgr Cerro.

Il faut ajouter que l’éducation, par droit naturel, relève premièrement des parents, avant même d’être régulée par l’Etat. Cette régulation ne peut intervenir que si les parents – ou leurs substituts – portent un préjudice à l’éducation de leur enfant.

Il faut donc croire que, pour le gouvernement espagnol, l’éducation donnée par une école catholique est un préjudice suffisamment grave pour être régulé. Nous sommes bien en présence d’un totalitarisme anticlérical notoire.