Le Vatican dévoile une partie de son patrimoine immobilier

Source: FSSPX Actualités

Mgr Nunzio Galantino

La meilleure défense c’est l’attaque : alors que la presse évoque depuis plusieurs mois des affaires financières ayant défrayé la chronique judiciaire du plus petit Etat du monde, le président de l’Administration du patrimoine du siège apostolique (Apsa) a mis les choses au point lors d’un entretien à l’AFP, publié le 21 février 2021.

« Quand on dit que la majeure partie de l’immobilier à Rome appartient à l’Eglise et au Vatican, c’est tout simplement faux », s’irrite Mgr Nunzio Galantino. Le président de l’Apsa, entend mettre les points sur les « i », à l’adresse de ceux qui prétendent que le Saint-Siège serait un repère de spéculateurs immobiliers.

La décision d’investir dans l’immobilier est récente : elle remonte au pontificat du pape Pie XI (1922-1939) « afin d’assurer la liberté et l’indépendance de l’Eglise », explique le gestionnaire de patrimoine du Vatican.

Avant cette date, et depuis 1870, l’Eglise demeurait privée de ses Etats pontificaux : près de soixante années plus tard, en 1929, les accords du Latran consacraient la naissance de l’Etat de la Cité du Vatican.

Le Saint-Siège avait été alors dédommagé de la perte de ses territoires et de nombreux biens ecclésiastiques, tel l’imposant palais du Quirinal, qui fut la résidence de trente papes avant d’abriter la présidence de la République italienne.

Afin de rester pleinement autonome, le Vatican s’est alors mis à investir dans l’immobilier : et Mgr Galantino d’énumérer une partie des nombreux biens immobiliers gérés par ses services en Europe.

A Rome, ce sont des immeubles entiers qui ont été construits, notamment sur deux axes convergeant directement à la place Saint-Pierre, dont la Via della Conciliazione. Dans la Ville éternelle et dans la Péninsule, l’Apsa loue aujourd’hui 2 400 appartements et 600 commerces ou bureaux italiens, qui ont rapporté 99 millions d’euros en 2019.

En Suisse – à Genève et à Lausanne en particulier – ce sont 140 biens, sur une surface de 16 000 mètres carrés, que possède le Saint-Siège, pour une valeur de 91 millions d’euros.

A Londres, 27 autres biens immobiliers, soit 4.600 mètres carrés, sont propriétés de l’Eglise, représentant une valeur de 108,5 millions d’euros.

A Paris enfin, sur le boulevard Saint-Michel, les quartiers de l’Odéon ou des Champs Elysées, les services de l’archevêché gèrent pour le compte du Vatican 737 biens immobiliers, sur 4 600 mètres carrés de surface, estimée à 595,5 millions d’euros.

Un patrimoine total qu’il est difficile d’évaluer. Le journal économique Il Sole 24 Ore avance le chiffre, non confirmé, de « 3 à 4 milliards d’euros » qui est loin de constituer le « trésor de guerre » évoqué par une presse à sensations.

Les revenus tirés de l’immobilier servent à entretenir les basiliques et palais, à couvrir les frais de fonctionnement des services de l’Eglise, et à financer un grand nombre d’œuvres et d’institutions pieuses.

La priorité du Vatican est aujourd’hui de « se retirer le plus rapidement possible » d’investissements douteux, afin d’éliminer « tout risque d’atteinte à la réputation de l’Eglise », souligne Mgr Galantino.

Il suffit de rappeler ici la transaction douteuse réalisée en 2014, Sloane Avenue à Londres, sur laquelle la justice vaticane enquête. Ou cet autre ensemble londonien de 5 appartements de luxe géré par le fonds d’investissement Centurion Global Fund, basé à Malte, qui a financé avec l’argent de l’Eglise le film Rocketman, biopic à la gloire du chanteur Elton John, ardent militant des droits des homosexuels, provoquant alors l’embarras du Vatican…