Le voyage du pape Jean-Paul II en Azerbaïdjan et en Bulgarie
Jean-Paul II et Heydar Aliyev, président de la République d'Azerbaïdjan (1993-2003).
L’Azerbaïdjan, pays à majorité musulmane, abrite sans doute l’une des plus petites communautés catholiques avec ses 150 fidèles. Ces catholiques sont sortis des catacombes en 1997, date à laquelle la première et seule paroisse à été édifiée par des prêtres salésiens. Jean-Paul II a consacré l’essentiel de son temps en ce pays avec différentes personnalités du monde de la politique, des arts et les représentants des autres religions. Il a également visité la paroisse catholique située dans un quartier pauvre de Bakou. Elle ne possède qu’une modeste maison, à la fois église et presbytère. Les thèmes habituels du pape avaient comme application concrète la résolution des conflits causés par les désaccords territoriaux entre les Azéris et le voisin arménien.
S’adressant aux représentants de l’islam, du judaïsme et aux chrétiens, il les a félicités pour leur ouverture réciproque, remerciant particulièrement l’Eglise orthodoxe – « Félicitation à toi en particulier, Eglise orthodoxe » – pour avoir prêté une de ses églises aux catholiques, après la chute du communisme. Le fait de remercier l’Eglise orthodoxe en tant que personne morale sème, une fois de plus, la confusion. Il eût été préférable de remercier une personne, en l’occurrence l’évêque orthodoxe de Bakou, Aleksander Iscein.
Le président de la Bulgarie a également perçu la venue du pape dans son pays comme un geste politique. Dans son discours d’allocution, il qualifiait clairement la visite du pape comme «soutien» à l’entrée de la Bulgarie dans l’Union européenne. On ne peut être plus clair.
Le but œcuménique
« Comme à Bakou, le matin même, le pape semble vouloir développer ses contacts avec les Eglises orthodoxes locales afin de réaliser un jour son rêve de pouvoir se rendre en Russie.» (APIC) Selon le cardinal Kasper, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, la visite du pape en Bulgarie est un signe de la volonté du Saint-Siège d’établir des relations fraternelles et amicales avec l’Eglise orthodoxe et donc avec Moscou. Pour le Saint-Siège, l’échec de l’œcuménisme avec l’orthodoxie russe est une épine dans le pied. C’est pourquoi ce voyage se veut être « le signe que nous voulons des rapports fraternels et amicaux avec l’Eglise orthodoxe, et que nous ne voulons rien lui imposer », continue le cardinal. L’hommage au monachisme orthodoxe au monastère de Rila faisait presque figure de surenchère gênante.
Santé défaillante
Le sujet récurrent de la santé du pape était au cœur des propos de toute la presse. Il a été alimenté déjà avant le voyage par les affirmations du cardinal Maradiaga, archevêque de Tegucigalpa au Honduras et du cardinal Ratzinger lui-même. « Si le pape devait se rendre compte qu’il n’est plus capable de poursuivre son ministère pour des raisons de santé, il aurait le courage de démissionner », avait affirmé le cardinal Maradiaga. Actuellement, le pape ne prononce plus que les débuts de ses discours, laissant à une autre personne le soin de lire la suite. Tout cela ne l’empêche pas d’évoquer ses prochains voyages : à Toronto en juillet prochain ainsi qu’un voyage prévu en Suède pour le 1er juin 2003, à l’occasion de la célébration du 700ème anniversaire de la naissance de sainte Brigitte.
Dans les milieux romains, les “campagnes électorales” ne manquent pas. Le cardinal Ratzinger a évoqué la possibilité d’un prochain pape originaire du Tiers-monde, ce qui n’est pas de nature à réjouir les Italiens. Avec 19 membres sur 123, les cardinaux italiens ne représentent plus que 15% des électeurs. Au mois d’août prochain, le nombre des cardinaux électeurs reviendra à 120, maximum fixé par Paul VI.