L’école catholique fait les frais d’une réforme hâtive en RDC

Source: FSSPX Actualités

La gratuité de l’enseignement, brusquement mise en place par le président de la République démocratique du Congo (RDC), a plongé le secteur de l’enseignement privé catholique dans une grève sans précédent, causant des troubles dans certaines parties du pays. Depuis la mise en place de cette mesure controversée, 13 000 enseignants ne seraient plus payés. 

« Pas d’école, pas d’Eglise ». Les manifestants ne décoléraient pas en ce 29 septembre 2019, allant même jusqu’à brûler des pneus devant l’entrée de la cathédrale de Bukavu. Leur exigence ? Que les enseignants des écoles libres finissent de faire grève, et reprennent les cours sans condition.  

Depuis le 2 septembre dernier, le chef de l’Etat congolais, Felix Tshisekedi, a décrété la gratuité de l’école primaire, qui était l’une des promesses-phares de sa campagne présidentielle. 

Jusqu’ici, l’Eglise catholique demandait aux parents de contribuer financièrement au bon fonctionnement des écoles qu’elle dirige afin d’assurer un salaire décent aux enseignants - qui ne sont pas payés par l’Etat - et de garantir une scolarité de qualité. 

Une mesure non financée 

Mais la gratuité de l’enseignement est venue brusquement bouleverser ce système qui avait fait ses preuves - sans parler pour l’Etat du coût de cette mesure, estimé à 2,38 milliards d’euros. Une somme qui, selon le journal La Croix, n’avait pas même été inscrite dans le budget de 2019.  

Ainsi, selon des représentants inter-syndicaux cités par RFI Afrique, quelque 13 000 enseignants n’auraient pas été payés depuis la rentrée. D’où une grève qui se généralise dans le secteur de l’enseignement libre. 

Certains parents commencent à douter de la capacité de l’exécutif à réaliser ses promesses. C’est le cas de Joseph Murhabazi, au micro de RFI : « Nous nous inquiétons, comme parents. Et pourtant on a espéré le paiement des enseignants, comme le président nous l’avait promis. Nous nous inquiétons, parce que ça peut continuer, au cas où les enseignants ne seraient pas payés. Nous demandons à l’Etat qu’il paie les enseignants ». 

L’archevêque de Bukavu, Mgr François-Xavier Maroyi, a proposé, dans un souci d’apaisement, une rencontre entre parents, enseignants, représentants de l’Etat et de la hiérarchie catholique, afin de trouver les moyens de mettre fin à cette situation absurde. 

Il faudrait toutefois chercher aussi des explications en amont. L’élection du président Tshisekedi, fortement contestée, reste douteuse pour beaucoup et pour la conférence épiscopale du Congo en particulier. Il peut être dangereux de se mêler de politique politicienne...