L’Eglise peine à récupérer les lieux de culte confisqués par les soviétiques

L'église Saint-Louis-des-Français, à Moscou,

2018 marque, pour l’Eglise catholique en Russie, le 25e anniversaire de l’acte restituant à leurs pasteurs légitimes les édifices religieux confisqués sous le joug communiste. Mais de la théorie à la pratique, il y a loin…

Pendant la période soviétique seules deux églises catholiques sont restées ouvertes : Saint-Louis-des-Français à Moscou, et Notre-Dame de Lourdes à Léningrad, aujourd’hui redevenue Saint-Pétersbourg.

Ces deux églises étaient liées à la représentation diplomatique française, et leur activité, strictement encadrée par le KGB, servait à la propagande sur la liberté de culte en URSS.

En 1993, plusieurs paroisses ont été restituées aux ordinaires du lieu. Ainsi Sainte-Catherine à Saint-Pétersbourg, Notre-Dame-du-Rosaire à Vladimir - au cœur du fameux Anneau d’or des plus anciennes villes russes.

Saint-Louis-des-Français a quant à elle été cédée au gouvernement français, et non pas à l’archevêque catholique latin de la capitale.

Depuis, 25 années ont passé. D’autres lieux de culte ont été reconquis au prix de mille difficultés, telle la cathédrale moscovite de l’Immaculée-Conception. Mais beaucoup reste à faire.

Le 16 avril 2018, la municipalité de Rjazan a restitué l’église de l’Immaculée-Conception au culte, grâce à la ténacité de l’abbé Josif Gunchaga, prêtre slovaque arrivé en 1991 dans le pays.

En revanche, à Kirov, ville du nord de la Russie, l’abbé Grigorij Zvolinskij et plusieurs volontaires parmi ses fidèles ont entamé un jeûne de 30 jours pour obtenir la restitution de l’église du Sacré-Cœur. Jusqu’ici la municipalité s’oppose à cette restitution, et le prêtre catholique a même été agressé et menacé de mort à plusieurs reprises. Aujourd'hui en Russie, la situation de la minorité catholique n’est pas si enviable…