L’Eglise réaffirme son rejet du suicide assisté

Source: FSSPX Actualités

Recevant en audience des membres du corps médical, le pape François a marqué une nouvelle fois son rejet de l’euthanasie et du suicide assisté, au moment où ces pratiques ont tendance à être banalisées, au sein des sociétés occidentales sécularisées. 

En ce 20 septembre 2019, le souverain pontife a reçu en audience de la Fédération nationale des médecins chirurgiens et des dentistes italiens (FNOMCEO). Cet organisme s’est fermement opposé à l’euthanasie dans le débat qui anime la péninsule sur ce sujet. Le pape a encouragé tout le corps médical transalpin à œuvrer pour le respect de la vie finissante. 

« La médecine est au service de chaque homme, et vous, médecins, êtes convaincus de cette vérité sur la base d’une très longue tradition qui plonge ses racines dans les intuitions d’Hippocrate », a rappelé le pape François, avant d’ajouter : « c’est précisément pour cela que vous devez être préoccupés par les pièges auxquels la médecine actuelle est exposée ». 

Le successeur de Pierre vise la situation de la fin de vie en Italie. Depuis le 14 décembre 2017, une loi invite tout Italien ayant atteint l’âge de la majorité, à rédiger des directives anticipées, à appliquer en cas de maladie en phase terminale, ou d’affection grave, incurable, engageant à court terme le pronostic vital. 

Dans le cadre de cette loi, le patient a le droit de refuser tout traitement médical, y compris l’hydratation et la nutrition artificielle : les professionnels de santé ont quant à eux le devoir de mettre en œuvre des soins palliatifs, « jusqu’à la sédation profonde et continue ». C’est un premier pas sur le chemin de l’euthanasie, qui ne peut être accepté. 

Pourtant, la législation italienne considère le suicide assisté comme un délit et l’euthanasie comme un homicide. Mais la Conférence des évêques d’Italie a tôt fait de voir, dans la loi de 2017, l’introduction « de fait » d’un pseudo-droit à l’euthanasie. 

A l’époque, le président de la conférence épiscopale, Mgr Gualtiero Bassetti rappelait que l’hydratation et l’alimentation artificielle ne peuvent être considérées comme un acharnement thérapeutique : « ce sont des soins proportionnés, des œuvres de miséricorde corporelles ». 

On comprend mieux l’intervention du pape argentin le 20 septembre qui déplore auprès des chirurgiens et dentistes « la tentation d'utiliser des médicaments pour réaliser le souhait du patient d’en finir avec la vie, en fournissant une assistance au suicide ou en provoquant directement la mort par euthanasie ». 

Pour François, de telles pratiques demeurent inacceptables au regard de la morale catholique : « ce sont des chemins hâtifs face à des choix qui ne sont pas, comme il pourrait sembler, une expression de la liberté d'une personne ». Et le Saint-Père de conclure qu’il « n'y a aucun droit de disposer arbitrairement de la vie : de la sorte, aucun médecin ne peut être autorisé à exercer un droit qui n’existe pas ». 

« Le châtiment suit le crime en boîtant » écrivait Horace, dans l’une de ses Odes : la justice est lente, mais inéluctable. Une sagesse que les législateurs feraient bien de faire leur en se souvenant du jugement qui attend tout homme au sortir de ce monde.