Les hindous privés de crèche en Assam
En Inde, le chef d’une organisation religieuse liée au parti gouvernemental menace de représailles tout hindou qui se rendrait dans une église pendant la période de Noël.
C’est une vieille coutume au pays des éléphants, notamment en Assam : durant le temps de Noël, de nombreux Indiens de religion hindoue, mus par une certaine curiosité religieuse parfois teintée de superstition, se rendent dans les églises catholiques afin de visiter les crèches qui les décorent.
Une fâcheuse habitude aux yeux des nationalistes au pouvoir, qui craignent de possibles conversions, pourtant sévèrement punies dans le pays : au début du mois de décembre 2020, le responsable pour l’Assam d’un groupe religieux radical a menacé les hindous qui oseraient cette année franchir les portes des églises durant le temps de la Nativité.
« Aucun hindou ne sera autorisé à visiter les églises. Si quelqu’un ose braver l’interdit, le Bajrang Dal (BD) le punira. (…) Nous frapperons ceux qui visitent encore les églises. Nos membres veilleront à cela », a prévenu Mithun Nath, lors d’une réunion publique organisée dans le district de Cachar, en Assam, le 1er décembre dernier.
Le BD est un groupe religieux qui réunit les jeunes du Vishwa Hindu Parishad (VHP), organisation extrémiste hindoue, appartenant elle-même à la puissante nébuleuse du Sangh Parivar – famille d’organisations – à laquelle se rattache aussi le parti indien au pouvoir, le Bharatiya Janata Party (BJP).
Le mot d’ordre qui rassemble cette famille est l’hindutva – indianité ou hindouïté – qui résume l’idéologie unificatrice de la nation indienne autour de l’identité hindoue.
Fondé en 1984 dans l’Uttar Pradesh, le Bajrang Dal s’est depuis répandu dans toute l’Inde, où il possède aujourd’hui environ 2 500 centres, ou akhadas.
La menace proférée au début de l’Avent a été prise au sérieux par l’Eglise : « cela ne fera qu’aggraver les clivages au sein de la société indienne », a déploré l’archevêque émérite de Guwahati, Mgr Thomas Menamparampil.
« Chaque Noël, les hindous et les gens d’autres religions visitent les églises », a rappelé le prélat, qui s’est dit étonné de la menace proférée cette année, et qui craint que les chrétiens soient également importunés.
Selon le Deccan Herald, les responsables de la police du district de Cachar ont assuré que des mesures adéquates seraient mises en place afin de s’assurer qu’aucun incident ne se produise lors de la fête de Noël.
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(Sources : Deccan Herald/Ucanews – FSSPX.Actualités)
Illustration : Facebook / capture d'écran