L’Ethiopie à la découverte de ses racines chrétiennes
Les vestiges d'une église chrétienne datant de 1700 ans ont été découverts en Ethiopie, confirmant l’antique tradition d’une arrivée précoce du christianisme en Afrique subsaharienne.
Les vestiges d’un lieu de culte chrétien remontant au IVe siècle après Jésus-Christ ont été mis à jour à Beta Samati, une ancienne ville appartenant jadis à l’empire aksoumite, rapporte The Smithsonian Magazine dans son édition du 10 décembre 2019.
Edifié à l'origine par les Romains à des fins administratives, c’est probablement à l’époque de l’empereur Constantin le Grand que le bâtiment a été converti en une église, la plus ancienne d’Afrique subsaharienne connue à ce jour.
Le site, qui s’étend sur une surface de 500 mètres carrés environ, date de l’époque où le christianisme était devenu la religion officielle de l'empire aksoumite.
Pour les archéologues, la découverte « confirme la tradition éthiopienne selon laquelle le christianisme est arrivé tôt dans une région distante de près de 5 000 km de Rome, et suggère que la nouvelle religion s'est rapidement propagée à travers des réseaux de commerce à longue distance qui reliaient la Méditerranée via la mer Rouge à l'Afrique et à l'Asie du Sud ».
« Cette découverte est à ma connaissance la première preuve de la présence d'une église en Ethiopie, ainsi que dans toute l'Afrique subsaharienne », explique, admiratif, Aaron Butts, professeur de langues sémitiques et égyptiennes à l'Université catholique de Washington, DC.
Michael Harrower, chercheur à l'Université Johns Hopkins, qui a dirigé les fouilles, précise que même si l'empire d'Aksoum était « l'une des civilisations anciennes les plus influentes au monde, elle n’en demeure pas moins l'une des moins connues ».
Des objets profanes et religieux ont été retrouvés, dont un anneau d’or, des figurines représentant des bêtes, des croix, des brûleurs d’encens, ainsi que des jetons qui étaient probablement utilisés pour le commerce et l’administration de la cité. L’invention la plus notable reste un pendentif en pierre sculptée, orné d'une croix et portant l’inscription « vénérable », en éthiopien ancien. Près de la façade est de l’église, les archéologues ont déchiffré une inscription portant : « que le Christ nous soit favorable ».
Selon la tradition éthiopienne, c’est vers 330 que le christianisme s’impose en Ethiopie, grâce au zèle apostolique d’un certain Frumentius envoyé par saint Athanase afin d’établir et de gouverner l’Eglise naissante dans le pays.
(Source : The Smithsonian Magazine - FSSPX.Actualités - 09/01/2020)