L’Institut du Bon Pasteur : déclarations et réactions

 

1. Déclarations de l’abbé Philippe Laguérie, supérieur général de l’Institut du Bon Pasteur, à l’Agence France Presse

  

L’abbé Laguérie salue le geste de Benoît XVI "un pape traditionaliste" (AFP- 8 sept. 2006)

 Le prêtre intégriste Philippe Laguérie s’est félicité jeudi de l’autorisation obtenue d’établir un institut à Bordeaux où sera célébrée la messe traditionnelle en latin, saluant le geste du pape Benoît XVI comme celui d’un "pape traditionaliste".

 "On a un nouveau pape qui a compris la tradition, on n’a pas encore remis la tradition complètement dans ses droits, mais le chemin se fait. Le pape Benoît XVI est un pape traditionaliste. Ça c’est tout à fait nouveau, et ça donne de grandes espérances à l’église", a indiqué le prêtre à l’AFP .

 L’abbé, exclu en 2004 de la Fraternité Saint-Pie X qu’avait fondée Mgr Marcel Lefebvre, avait continué à célébrer des offices dans l’église Saint-Eloi à Bordeaux.

 Il a également souligné que l’autorisation de créer un "institut de droit pontifical" à Bordeaux avait été obtenue avec l’accord du cardinal Jean-Pierre Ricard, qui préside la Conférence des évêques de France (CEF) depuis 2001.

 "Pour l’institut, c’est le gage d’une entrée en France par la grande porte, par la porte du président de la conférence épiscopale, cardinal, archevêque de Bordeaux. Il a donné son accord explicite", a-t-il indiqué.

 "Aujourd’hui, c’est la réconciliation autour de cet Institut du Bon Pasteur qui vient de naître aujourd’hui", a-t-il ajouté.

 

 A noter : Le 13 septembre, lors d’un débat télévisé sur la chaîne d’information LCI, l’abbé Laguérie reconnaissait que l’adjectif « traditionaliste » qu’il avait employé à propos de Benoît XVI était « réducteur ». Yves Chiron dans sa lettre Aletheia (16 rue du Berry - 36250 Niherne) commente : « Qualifier Benoît XVI de ‘traditionaliste’ est une formule simplificatrice et fausse. Ni la pensée ni l’action de Benoît XVI ne peuvent se laisser enfermer dans l’étiquette du ‘traditionalisme’. L’Institut du Bon Pasteur a obtenu que la liturgie traditionnelle soit reconnue comme son ‘rite propre’, mais ce serait se tromper que de croire que Benoît XVI ait la volonté de restaurer la liturgie traditionnelle dans toute l’Eglise. C’est lors des rencontres de Fontgombault, pas loin d’ici, il y a cinq ans, que celui qui était encore Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a exprimé de manière la plus développée et, très clairement, sa position sur le sujet. Il se prononçait pour ‘une réforme de la réforme’ (du Missel de 1969) mais il envisageait aussi une évolution du Missel de 1962 (en introduisant de nouveaux saints, des préfaces supplémentaires, etc.). Ailleurs, il a évoqué, pour l’avenir, la nécessité, pour l’Eglise, d’avoir ‘un seul rite’ ». Sur ce point, une dépêche de l’agence I.Media, en date du 8 septembre, précise : « De sources vaticanes, la nouveauté réside dans le fait que ‘Benoît XVI lui-même ait souhaité cette démarche’ dans laquelle ‘le missel traditionnel de saint Pie V n’est pas un missel à part, mais bien une forme extraordinaire de l’unique rite romain’. Au cours de leur conférence de presse à Paris, le 13 septembre, les abbés Laguérie et de Tanoüarn ont expliqué que les autorités vaticanes ne voulaient ne considérer qu’un rite romain sous deux formes : l’une ordinaire (la messe de Paul VI en vernaculaire), l’autre extraordinaire (la messe tridentine en latin),

 Le 8 septembre, l’abbé René-Sébastien Fournié, secrétaire de l’abbé Philippe Laguérie, assurait à l’AFP : "Nous n’avons fait aucune concession sur le fond". Et il ajoutait : Mgr Ricard "a donné son accord pour que l’institut siège au sein de son diocèse". L’archevêque de Bordeaux"était en pourparlers avec l’abbé Laguérie depuis plusieurs mois et le climat était devenu un climat de confiance", a-t-il précisé.

 

Les intégristes ralliés au Vatican entendent s’implanter "partout en France"

(AFP- 13.09.06)

Le responsable des prêtres intégristes ralliés au Vatican a affirmé mercredi (13 septembre) que le nouvel institut du Bon Pasteur que leur a octroyé le Saint-Siège souhaitait ouvrir des paroisses "partout en France et ailleurs".

"Il va falloir cohabiter avec nous. Ce ne sera pas un facteur de division, au contraire", a déclaré à la presse l’abbé Philippe Laguérie, supérieur général de l’institut et chef de file des cinq disciples historiques de l’évêque schismatique Marcel Lefebvre ralliés à Rome.

L’institut vise des églises désaffectées ou abandonnées en centre-ville. "Il ne s’agit pas d’arriver quelque part et de prévenir l’évêque après", a-t-il assuré, mais "le droit canon rend obligatoire une concertation entre un institut et l’évêque local".

La convention qui devrait être signée pour l’église Saint-Eloi à Bordeaux, qu’il occupe depuis 2001 dans le diocèse du cardinal Jean-Pierre Ricard, président de la Conférence des évêques de France, et où l’institut aura son siège, "sera le prototype de ce que nous voulons faire partout en France et ailleurs".

Selon l’abbé, Mgr Ricard comme le cardinal Dario Castrillon Hoyos chargé par le pape du dialogue avec les "lefebvristes" souhaitent effectuer les premières ordinations. Quatre séminaristes sont prêts. L’institut compte déjà six prêtres et va accueillir une dizaine de prêtres sud-américains.

"Des prêtres de la Fraternité Saint Pie X demandent à nous rejoindre, je suis prudent", a-t-il ajouté, même si le Vatican "ne verrait pas d’un mauvais œil qu’il y ait suffisamment de prêtres qui frappent à notre porte pour que la Fraternité réfléchisse".

Selon lui, qui a été exclu en 2004 de cette organisation fondée par Mgr Lefebvre après en avoir été un pilier, le décret du Vatican créant l’institut offre aux ralliés la possibilité de "participer à une critique sérieuse et constructive" en vue d’une "interprétation authentique" du concile Vatican II et leur donne le droit de célébrer exclusivement la messe traditionnelle en latin.

"Nous sommes le premier jalon posé par le pape pour revenir à l’unité liturgique", a-t-il estimé, affirmant que le Vatican s’apprête à publier un document qui "va rétablir dans tous ses droits la messe traditionnelle".

A ses côtés, l’abbé Guillaume de Tanoüarn a souligné "l’atmosphère totalement différente" au Vatican de Benoît XVI: "nous ne sommes plus des chrétiens de deuxième zone, nous effectuons ‘un travail utile à l’Eglise’ selon les termes du décret" créant l’institut.

 

A noter : Le 15 septembre, paraissait le communiqué suivant :

 « Monsieur l’abbé Christian Bouchacourt, Supérieur du District d’Amérique du Sud, dément de manière absolument catégorique la rumeur insistante qui circule sur Internet et qui affirme qu’une dizaine de prêtres du District rejoindraient l’Institut du Bon Pasteur, érigé par Rome il y a quelques jours.

« Ce n’est pas la première fois que de semblables types d’insinuations filtrent sur Internet de la part de certaines personnes qui se rendent compte que la Tradition ne cesse de croître et de se fortifier sur notre continent.

« Tous les prêtres de notre District restent unis à notre Supérieur Général, Mgr Bernard Fellay, et sont unanimes à refuser un quelconque accord pratique comme celui que vient de signer l’Institut du Bon Pasteur, considérant que cela entraîne un grave danger pour la Tradition.

« Contrairement à l’Institut du Bon Pasteur, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X ne réclame aucun privilège pour elle-même; elle mène, en revanche, son combat dans le seul but de restaurer la Tradition entièrement dans toute l’Eglise ».

 

2. Déclarations du cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, président de la Conférence des évêques de France et membre de la Commission Ecclesia Dei

 

Communiqué de Mgr Ricard sur l’Institut du Bon Pasteur, le 8 septembre 2006 (extraits)

 (…) Il y a dans cette décision la volonté de proposer une expérience de réconciliation et de communion qui devra encore s’affermir et s’approfondir dans les faits. C’est pourquoi les statuts de cet Institut sont ad experimentum pour une période de 5 ans.

 (…) A Bordeaux, la présence de cet Institut appelle une convention entre cet Institut et le diocèse, comme c’est le cas d’ailleurs pour tout autre institut. L’élaboration de cette convention est encore à faire. Il faudra préciser les modalités de la présence et de la mission de cet Institut et les conditions qui y seront mises. Une information sera donnée en son temps. Tout un travail de pacification, de réconciliation et de communion est encore à faire car la violence a marqué jusqu’à ces derniers mois les relations de plusieurs membres de cet Institut avec l’Eglise diocésaine. Il faudra que chacun y mette du sien. (…)

 

Entretien accordé par Mgr Ricard à La Croix du 11 septembre

(propos recueillis par Jean-Marie Guénois)

Il n’est pas facile d’accueillir de nouveaux venus

Le cardinal Jean-Pierre Ricard, Membre de la commission romaine "Ecclesia Dei" chargée de gérer le dossier intégriste espère une réconciliation mais adopte un « réalisme prudent ».

- Quelle est la portée très concrète de cet accord ?
- Ce qui est accordé est un usage exclusif du rite de la messe en vigueur en 1962. Cela concerne aussi bien le missel que le rituel ou le bréviaire.

– « Exclusif » signifie-t-il que ces prêtres peuvent refuser de célébrer dans le rite de Paul VI ?
– Oui, puisque l’usage de leur rite est exclusif.

– Est-ce à dire qu’ils peuvent refuser de se joindre par exemple à la messe chrismale, qui réunit tous les prêtres d’un diocèse autour de leur évêque pendant la Semaine sainte ?
– Cela leur permet effectivement de répondre « non » à des demandes de concélébrations. Mais ils risquent, hélas, de ne pas être seuls… Après les élections récentes à la Fraternité Saint-Pierre, il me semble que la possibilité de concélébrer lors de la messe chrismale risque aussi d’être fermée pour ces prêtres par leur supérieur.

– Comment allez-vous gérer ces contradictions ?
– D’un côté, il faut accepter la décision du pape lui-même, c’est lui qui l’a voulu. Il a voulu faire un geste vis-à-vis de ceux qui ont suivi Mgr Lefebvre, pour leur montrer qu’ils pouvaient avoir une place dans l’Église. D’un autre côté, il faudra être très au clair par rapport au Concile et à l’héritage conciliaire. Je souhaite que puisse être réaffirmé – même s’il y a eu quelques dérives ou quelques abus – l’aspect extrêmement positif vécu par l’Église depuis le Concile. Cette Église qui a mis en œuvre le Concile est mon Église. C’est l’Église dans laquelle j’ai fait mes études, où j’ai été ordonné prêtre, évêque. Cette Église qui m’a donné une grande joie ! La célébration liturgique sortie des textes du Concile est vraiment vécue dans la prière, dans le sens de l’approche du Christ et pas du tout de façon horizontaliste comme on peut parfois le reprocher. Il faut rendre honneur à ces prêtres qui ont été les bons pasteurs depuis le Concile et qui ont fait un très bon travail. Je ne souhaiterais pas qu’un accueil de fidèles traditionalistes soit pensé, soit vécu comme un reniement du Concile. Comme si les grandes intuitions du Concile qui ont alimenté, qui alimentent aujourd’hui avec mon presbytérium, notre travail pastoral, soient remises en question.

– Pourquoi prévoir, dans les textes de l’accord, un accueil « critique » du Concile ?
– Qu’il puisse y avoir sur tel ou tel point un questionnement, je suis tout à fait d’accord, mais il ne faut pas que l’arbre nous cache la forêt. Une reformulation ou une réorganisation de la vie ecclésiale ne signifie nullement que l’on remette en question l’événement spirituel que l’Église a vécu au Concile et qui a fait vivre le peuple de Dieu depuis une quarantaine d’années.

– Croyez-vous qu’une réconciliation puisse avoir lieu ?
– Je l’espère ! Si chacun émet le désir de mieux comprendre l’autre, s’il y a cet effort, il me semble qu’une réconciliation peut se mettre en marche. Mais c’est une affaire spirituelle. Il ne suffit pas qu’un décret soit posé pour que tous les problèmes soient résolus. Le vrai problème est celui des relations fraternelles. Vous aviez deux maisons qui étaient côte à côte et qui s’excommuniaient, elles sont appelées à vivre dans la même maison. Il n’est pas facile d’accueillir de nouveaux venus. Ils doivent se rendre compte qu’ils ne sont pas en pays conquis, et qu’ils s’insèrent dans une habitation où il y a d’autres occupants. Il faut que l’on apprenne à vivre ensemble, même si on vit à des étages différents.

– Cet acte a-t-il une portée historique ?
– On ne peut pas dire si cet acte est historique. Les statuts sont donnés pour cinq ans, c’est donc l’avenir qui le dira. On verra qui n’a pas tenu ses promesses ou, au contraire, si c’est le premier pas réel d’une réconciliation.

– Êtes-vous optimiste ?
– Dans la foi, je pense que le pire n’est pas forcément sûr et je souhaite que l’on donne toutes ses chances à cette initiative. Mais, connaissant la situation et les personnes, je reste d’un réalisme prudent.

– Avez-vous poussé à cet accord, ou est-il venu de Rome ?
– Quand ces prêtres ont été exclus de la Fraternité Saint-Pie-X, s’est posée pour eux la question de leur statut ecclésial. À moins de créer une Église nouvelle, la seule possibilité qui leur restait était, soit de revenir un jour après l’expulsion dans la Fraternité Saint-Pie X, soit d’envisager de regagner la communion de l’Église catholique. La première solution était l’incardination. Avec d’autres évêques, je n’étais pas très chaud pour cette solution, dans la mesure où cette incardination concernait un groupe. Je voyais bien moi-même les problèmes que cela poserait sur Bordeaux. J’ai conseillé à l’abbé Laguérie de prendre contact avec Rome, ce qu’il n’a pas fait tout de suite mais une année plus tard. Ce contact avec Rome a, je crois, accéléré l’affaire et a abouti à la décision qui a été prise.

– Vous a-t-on tenu informé de son déroulement ?
– J’ai été averti au mois de mai de l’existence d’un projet et je savais que cela risquait de venir. Je pensais, de toute façon, qu’il fallait trouver une solution canonique pour ces prêtres, d’autant qu’ils souhaitaient retrouver une plus grande communion et on voyait bien que, du côté de Saint-Pie X, les choses étaient actuellement bloquées. Ensuite, c’est vrai, j’ai appris avec un peu de surprise que la signature allait intervenir vendredi dernier. À ce titre, d’ailleurs, ce qui n’a pas encore été précisé pour l’implantation prévue à Bordeaux devra l’être dans les mois qui viennent.

– Avez-vous le sentiment de prendre un risque ecclésial ?
– Le risque a été pris par Rome, puisqu’ils dépendent de Rome. Le risque est aussi partagé par tous les évêques qui vont accepter ces prêtres dans leurs diocèses.

– Dont vous-même…
– Les statuts sont clairs. Pour ce qui est de la vie interne de l’institut, ils dépendent directement de Rome. Pour ce qui est de la naissance d’une paroisse ou le fait de servir une paroisse, ou tout ce qui est l’apostolat des fidèles et la mission, ils dépendent de l’évêque diocésain. Et ils sont enfin obligés d’avoir l’accord de l’évêque diocésain pour toute implantation dans un diocèse.

 

3. Réactions du clergé de Bordeaux

 

Communiqué du Conseil presbytéral du 15 septembre

 Réunis autour de Mgr Ricard, les délégués des prêtres du diocèse ont exprimé questions, regrets, joie.

 A l’occasion de la création de l’Institut du Bon Pasteur, le Conseil Presbytéral du diocèse de Bordeaux :

- réaffirme sa communion avec son Archevêque, le Cardinal Ricard, et reprend à son compte le texte de l’interview que celui-ci  a donnée au journal La Croix le 11/09/06 ;

- dénonce l’absence d’information et de concertation avec l’Eglise locale dans la création de cet Institut ;

- s’inquiète qu’un diocèse ne soit pas partie prenante d’une décision qui le concerne ;

- redit la joie des prêtres de vivre leur ministère dans l’élan du concile Vatican II, et se propose dans les prochains mois d’inviter les prêtres et les communautés à exprimer en quoi les orientations du concile ont nourri leur ministère et leur vie ;

- affirme sa conviction que la fraternité en Christ suppose la bienveillance a priori et la vérité dans ce qui est dit et échangé. Toute réconciliation qui se ferait en dehors de cette exigence ne ferait que reporter à plus tard de nouvelles difficultés.

 

La déclaration du Père Jean Rouet, vicaire général de Bordeaux, le 15 septembre (extraits)

 (…) Le décret n° 118-2006 de la Commission Pontificale Ecclésia Dei, reconnaissant l’Institut du Bon Pasteur comme une société de vie apostolique, contient un certain nombre d’affirmations sur l’accord présumé du Cardinal Jean-Pierre Ricard. Ces affirmations relèvent de la désinformation.

 (…) On a l’impression que des paroles de bienveillance sont immédiatement instrumentalisées, sans que des accords précis, des conventions nécessaires, des actes légaux auxquels l’Eglise oblige habituellement, ne soient élaborés.

 (…) Je souhaite que dans les semaines qui viennent notre Archevêque auquel je renouvelle ma totale confiance et le service de ma liberté de conseil soit reçu personnellement par le Saint Père lui-même afin de lui faire part de ce que l’Eglise catholique de Bordeaux vit à l’occasion de ces événements. (…)

 

A noter : La référence du Père Rouet à une « désinformation » contenue dans le décret d’érection de l’Institut du Bon Pasteur renvoie au passage suivant :

 « Dans un certain nombre de diocèses en France, les fidèles attachés aux précédentes formes liturgiques du rite romain, manquent de pasteurs disponibles pour apporter aux évêques une aide efficace dans la charge pastorale de ces fidèles.

« Récemment, dans l’archidiocèse de Bordeaux, est apparu un groupe de quelques prêtres sous le patronage du Bon Pasteur. Les membres de ce groupe s’efforcent d’aider son Éminence révérendissime Jean-Pierre Cardinal Ricard dans le travail paroissial, tout d’abord à destination des fidèles résolus à célébrer l’antique liturgie romaine. L’archevêque lui-même, convaincu de la grande utilité de tels coopérateurs, reçoit dans son diocèse cette communauté, en lui confiant l’église Saint-Éloi située dans sa ville épiscopale, avec la charge pastorale de ses fidèles.

« Et comme ce nouvel Institut veut offrir aussi aux autres évêques qui le désirent son service pastoral, cette communauté, dans les circonstances particulières du temps présent, a humblement demandé aide et soutien au Siège apostolique. »

 

C’est à ce même passage que l’abbé de Tanoüarn faisait allusion, au cours de la conférence de presse donnée à Paris, le 13 septembre, affirmant : "nous ne sommes plus des chrétiens de deuxième zone, nous effectuons ‘un travail utile à l’Eglise’ selon les termes du décret". On voit ici la différence dans l’interprétation d’un même texte par les membres  de l’Institut du Bon Pasteur et le clergé de Bordeaux. C’est pourquoi le Père Rouet souhaite que le cardinal Ricard soit reçu par le pape lui-même. Tout comme Mgr Vingt-Trois a fait savoir à l’abbé de Tanoüarn – qui l’a dit au micro de Radio Courtoisie, le 13 septembre - qu’il voulait s’entretenir avec les autorités romaines avant d’envisager le ministère  qui pourrait être confié à l’Institut du Bon Pasteur dans l’archidiocèse de Paris.

 

Et la Fraternité Saint Pie X ?

 Interrogé par l’agence I.Media, le 21 septembre, le cardinal Castrillon Hoyos répond. (extraits)

 - Ce geste ne met-il pas en péril les négociations avec la Fraternité saint Pie X?

-  Je ne vois pas bien la logique de cette question. Pourquoi un geste comme celui de l’érection de l’Institut du Bon pasteur, accompli sous le signe de la réconciliation et d’une pleine communion retrouvée avec l’Eglise, devrait-il remettre en question un autre processus, qui lui aussi doit se réaliser à l’enseigne de la réconciliation et de la pleine communion? En outre, ces deux réalités sont bien distinctes entre elles, elles sont sur des plans différents et ont donc besoin de chemins différents.

- Avec ce nouvel institut, la messe de saint Pie V comme forme extraordinaire du rite romain semble renforcée. Est-ce le cas ?

-  Cette question aussi me semble aller au-delà de ce qui s’est réellement passé. Quand le Saint-Siège approuve un institut, dans notre cas le Bon pasteur, il approuve la réalité qui se présente à lui. Le rite de saint Pie V n’a jamais été exclu de la vie de l’Eglise, et c’est pourquoi, à cet institut, comme du reste à beaucoup d’autres réalités ecclésiales, l’ancien rite a été concédé comme rite propre, tant pour ses membres que pour les fidèles qui s’adressent à lui.